L’arrivée d’un moustique résistant ébranle l’Afrique dans sa lutte contre le paludisme

SOUMYABRATA ROY/NurPhoto via AFP

“La flambée des cas de paludisme qui a frappé l’Éthiopie cette année est très probablement due à l’arrivée, en Afrique de l’Est, d’une espèce de moustiques résistante aux insecticides (Anopheles stephensi), à en croire les données très convaincantes rassemblées par un groupe de chercheurs”, rapporte Nature. Ces données ont été présentées le 1er novembre à la conférence annuelle de l’American Society of Tropical Medicine and Hygiene.

L’arrivée de ce nuisible complique les efforts du continent africain pour se débarrasser de la maladie. Même si le paludisme sévit ailleurs, notamment en Asie, 95 % des cas sont recensés en Afrique, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Contrairement aux autres moustiques porteurs du parasite responsable du paludisme, qui se reproduisent dans des eaux stagnantes, comme les mares et les lacs des zones rurales, Anopheles stephensi apprécie les récipients d’eau artificiels, tels les puits ou même les bidons, ce qui le rend particulièrement adapté à la vie urbaine. “De nombreuses villes africaines s’urbanisent à toute allure et cette évolution offre à A. stephensi de nombreux terrains de reproduction”, relève dans Nature Seth Irish, entomologiste médical à l’OMS.

Prédilection pour l’extérieur

En outre, cette espèce originaire d’Asie préfère rester en extérieur. Les moustiquaires, qui font partie des techniques communément recommandées pour lutter contre le paludisme, ne sont donc pas utiles. Les comportements particuliers de ce moustique, ajoutés à sa résistance aux insecticides habituels, font craindre qu’il ne se répande largement sur le continent et contribue à propager la maladie. Et ce malgré l’arrivée de vaccins qui se sont montrés efficaces mais sont encore en phase d’essai pour certains.

Jan Kolaczinski, coordinateur de l’unité lutte antivectorielle et résistance aux insecticides du Programme mondial de lutte contre le paludisme de l’OMS, se désole :

“Je ne suis pas certain que nos outils actuels soient suffisants pour éliminer le paludisme.”

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