L’Argentine veut imposer la tolérance zéro sur l’alcool au volant

Mike Finn/Flickr CC Picasa

C’est à une très large majorité (193 votes pour, seulement 19 votes contre, et 4 abstentions) que la chambre basse argentine a approuvé, le 24 novembre, un projet de loi qui dispose “qu’il est interdit de conduire n’importe quel type de véhicule avec une alcoolémie supérieure à 0 milligramme par litre de sang”, rapporte le média Infobae. Actuellement, la loi fédérale établit une limite à 0,5 gramme pour les automobiles, 0,2 gramme pour les motos et mobylettes, et 0 gramme pour les transports de passagers et de fret.

Vingt morts par jour sur les routes

Ce résultat transcende le traditionnel fossé politique entre le péronisme au pouvoir et l’opposition de droite. “Nous avons entendu des histoires déchirantes (racontées par des familles de victimes d’accident de la route venues témoigner, NDLR) dues à des chauffeurs ivres. Ce fléau emporte vingt vies par jour et, dans plus de 50 % des cas, l’alcool est impliqué”, a déclaré le député d’opposition Jorge Rizzotti, de l’Union civique radicale, cité par le site argentin. Les jeunes de 15 à 34 ans sont les plus touchés.

L’idée est de créer un changement culturel. “Il s’agit d’éliminer l’émulation de ceux qui boivent un ou deux verres avant de conduire. Celui qui boit ne doit pas conduire, celui qui conduit ne doit pas boire”, résume le député de la majorité Eduardo Toniolli. Ces dernières années, sept provinces sur les vingt-quatre que compte l’Argentine ont déjà voté des lois locales interdisant toute consommation d’alcool aux conducteurs. Cette nouvelle loi fédérale unifierait la législation sur l’ensemble du territoire.

Les provinces viticoles disent non

Seules récalcitrantes, les provinces viticoles et touristiques de l’ouest du pays : Mendoza et San Juan. Elles craignent que cette loi ne leur nuise économiquement, et crient à l’hypocrisie. Le gouverneur de la province de Mendoza, Rodolfo Suárez (divers droite), a appelé ses sénateurs à faire barrage lors du prochain vote. “Cette loi aurait pu prendre en compte d’autres questions, comme la prévention ou la tolérance par tranches d’âge. Ce genre de lois n’est voté que parce qu’on croit qu’elles sont politiquement correctes”, a-t-il déclaré dans le média local Memo.

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