L’Argentine lance un plan “prix justes” contre l’inflation

Photo PABLO BARRERA/ANADOLU AGENCY via AFP.

Si l’inflation est actuellement un mal qui touche de nombreux pays, l’Argentine en souffre tout particulièrement : avec près de 7 % d’augmentation des prix par mois, le pays devrait atteindre en fin d’année un faramineux taux à trois chiffres.

Alors, dans une énième tentative pour protéger le pouvoir d’achat des Argentins, le ministre de l’Économie, Sergio Massa, a lancé, vendredi 11 novembre, le programme “prix justes”. Il gèle pour une durée de quatre mois le prix de 1 700 produits de consommation courante (aliments, boissons, laitages, hygiène personnelle, entretien…) par le biais d’accords volontaires avec une centaine d’entreprises productrices et distributrices, qui représentent 86 % du marché argentin. “Cet accord de prix résout l’un des problèmes de l’inflation, mais nous devons continuer de travailler sur la politique fiscale et l’accumulation de réserves [de la Banque centrale]”, a déclaré sans fanfaronnade le ministre de l’Économie, cité par le quotidien Ambito Financiero.

Contrôles et amendes

Des équipes de contrôleurs de prix sillonneront les rayons des magasins pour vérifier que l’accord est bien respecté, et une application à télécharger permettra également aux consommateurs de signaler des prix trop élevés pour les produits concernés. De fortes amendes sont prévues en cas de non-respect du plan “prix justes”.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement a recours à des mesures similaires de contrôle des prix. Le quotidien Clarín, critique du gouvernement, cite la chef de l’opposition, Patricia Bullrich, qui estime que :

“C’est une recette qui a échoué plusieurs fois déjà en Argentine. […] De tout temps ici, les contrôles de prix ont eu le même effet qu’un pansement pour une maladie grave. Il faut prendre la décision de soigner cette maladie à fond.”

Risque de pénurie

Les principales critiques évoquent le fait qu’un gel des prix n’est qu’une manière de repousser le problème et finit par créer, lorsqu’il se termine, une inéluctable explosion des prix. Il peut également déclencher un problème de pénurie. “Ça ne va pas marcher, déclare anonymement le propriétaire d’un supermarché au quotidien La Nación. Parce que ce plan ‘prix justes’ va générer une grande demande pour les produits qui font partie de l’accord, et de ce fait des problèmes d’approvisionnement seront inévitables.”

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :