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De l’Antarctique à la mer Rouge

“Le dernier endroit sur terre où des touristes devraient aller”, titrait récemment le magazine The Atlantic. En 2022, pourtant, plus de 100 000 personnes l’ont visité et l’endroit n’abrite pas moins de 77 bases scientifiques. L’Antarctique n’est plus cette terre vierge isolée de toute pollution humaine. À la fin du mois d’octobre 2023, le virus de la grippe aviaire y a été repéré pour la première fois, tuant des éléphants de mer et des phoques par centaines. Des pics de chaleur y ont été enregistrés récemment, et la fonte de glace y bat tous les records. Voilà pour le constat.

Mais c’est bien plus qu’un constat que dresse Alex Riley dans l’article passionnant publié par le magazine en ligne américain Nautilus autour duquel s’articule notre dossier cette semaine. L’auteur revient largement sur la richesse et les spécificités de la biodiversité en Antarctique. “Vingt mille espèces vivraient dans les profondeurs autour du continent blanc, écrit-il, et on n’en sait quasiment rien.” Avec le réchauffement climatique (+3 °C depuis 1950, soit “cinq fois plus que la moyenne mondiale”), leur existence même est menacée.

Que faire pour les sauver ? Dans Nautilus, deux scientifiques plaident pour la création d’un “‘cryozoo’ qui conserverait les données génétiques de la faune du continent”. “Cela permettrait de réintroduire des espèces même après leur extinction”, estime Lloyd Peck, l’un des biologistes cités dans l’article. Il n’est pas le seul à imaginer des solutions radicales : dans ce dossier, nous en avons recensé plusieurs, certaines clairement plus réalistes que les autres. De l’usage de canons à neige pour stabiliser les glaciers à la construction dans l’océan d’un mur de 100 mètres de haut qui empêcherait l’eau de mer d’accéder à la base sous-marine des glaciers, les chercheurs rivalisent d’inventivité.

C’est la tonalité que nous avons voulu donner à ce dossier pour rester dans le monde des idées (un peu folles, parfois). “Qui se soucie de la disparition d’un poisson-­antarctique dont on ignorait l’existence ?” interroge Alex Riley. La réponse est simple : “Isolé du monde par le courant circumpolaire, l’Antarctique abrite une forte proportion d’espèces endémiques, dont environ la moitié n’existe nulle part ailleurs sur terre. Perdre une espèce endémique en Antarctique revient à la perdre partout. Une pièce du puzzle terrestre disparaîtrait.”

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