Dans l’affaire Hapsatou Sy, Éric Zemmour condamné en appel pour injure raciste, le jugement confirmé

Sur le plateau des « Terriens du dimanche » en 2018, Éric Zemmour avait qualifié le prénom de l’ex-chroniqueuse Hapsatou Sy d’« insulte à la France » (photo d’illustration le 29 février 2024 au Salon de l’agriculture).
KIRAN RIDLEY / AFP Sur le plateau des « Terriens du dimanche » en 2018, Éric Zemmour avait qualifié le prénom de l’ex-chroniqueuse Hapsatou Sy d’« insulte à la France » (photo d’illustration le 29 février 2024 au Salon de l’agriculture).

JUSTICE - La scène est particulièrement gênante. Nous sommes en 2018 sur le plateau des Terriens du dimanche sur C8. La conversation s’engage sur le prénom de la chroniqueuse de l’émission Hapsatou Sy. « Votre mère a eu tort », tranche Éric Zemmour, pas encore candidat à l’élection présidentielle. « Et vous voudriez que je m’appelle comment ? », rebondit la chroniqueuse. « Corinne », lui répond le polémiste d’extrême droite, invité du programme enregistré en public.

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Coupée au montage, la suite est diffusée par Hapsatou Sy sur les réseaux sociaux : « Ce que vous venez de dire est une insulte à la France », dénonce l’entrepreneuse. « Mademoiselle, c’est votre prénom qui est une insulte à la France ! », lui répond Eric Zemmour.

Ces échanges, sanctionnés d’une amende de 4 000 euros en première instance, ont valu une nouvelle condamnation à Éric Zemmour par la cour d’appel de Paris ce jeudi 28 mars. L’ancien candidat à la présidentielle, qui avait lui-même fait appel, devra s’acquitter de la même amende. Il devra également verser 3000 euros de dommages et intérêts ainsi que 5000 euros de frais d’avocat et de procédure à Hapsatou Sy.

Long CV judiciaire

Cette nouvelle condamnation s’ajoute au CV judiciaire particulièrement chargé d’Éric Zemmour, déjà sanctionné à de multiples reprises par la justice. Dernière en date, sa condamnation en appel le mois dernier pour injure et provocation à la haine lors de la « Convention de la droite ». Le 28 septembre 2019, il avait prononcé un discours fustigeant des immigrés « colonisateurs » et une « islamisation de la rue ».

Quelques jours plus tôt, le président du parti Reconquête avait été reconnu coupable de complicité de diffamation publique à l’encontre de la députée LFI Danièle Obono et condamné à une amende de 1 000 euros avec sursis.

Le 28 septembre, il avait écopé de 4 000 euros d’amende pour injure homophobe après avoir déclaré en octobre 2019 sur CNews que les personnes homosexuelles avaient « asservi » l’État « à leur profit ».

Une liste loin d’être exhaustive.

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