L'opposition socialiste espagnole passe en tête dans un sondage

Lors d'une manifestation à Bilbao pour défendre le droit à l'avortement. Le Parti populaire (PP) au pouvoir en Espagne est passé derrière l'opposition socialiste dans les intentions de vote des électeurs, selon un sondage qui illustre les difficultés croissantes du gouvernement face à l'austérité économique, aux scandales de corruption et au tollé soulevé par un projet de loi restreignant le droit à l'avortement. /Photo prise le 21 décembre 2013/REUTERS/Vincent West

MADRID (Reuters) - Le Parti populaire (PP) au pouvoir en Espagne est passé derrière l'opposition socialiste dans les intentions de vote des électeurs, montre dimanche un sondage qui illustre les difficultés croissantes du gouvernement face à l'austérité économique, aux scandales de corruption et au tollé soulevé par un projet de loi restreignant le droit à l'avortement.

Si les élections avaient lieu aujourd'hui, le PP du Président du gouvernement Mariano Rajoy ne recueillerait que 32% des suffrages contre 33,5% pour les socialistes, selon cette enquête Metroscopia pour le quotidien El Pais.

C'est la deuxième fois que le PSOE est donné en tête dans un sondage depuis que le PP a remporté les élections de novembre 2011 en s'assurant la majorité absolue au parlement.

La popularité du parti au pouvoir a souffert de la montée du chômage, qui frappe aujourd'hui 26% de la population active, mais aussi d'une série de scandales de corruption impliquant de hauts responsables du PP et, plus récemment, de la présentation d'un projet de loi visant à encadrer très strictement le droit à l'avortement.

Plusieurs manifestations ont déjà eu lieu dans tout le pays contre ce texte, qui divise jusque dans les rangs du PP. S'il est adopté, l'avortement ne sera autorisé qu'en cas de viol ou si la grossesse fait courir un risque grave à la santé physique ou mentale de la mère.

Environ 80% des Espagnols rejettent le projet, surnommé "loi Gallardon", du nom de son inspirateur, le ministre de la Justice Alberto Ruiz-Gallardon, montre le sondage de Metroscopia. Et 86% des personnes interrogées ont déclaré qu'une mère devait avoir le droit de choisir d'avorter ou pas.

Le projet de loi est considéré par la plupart des observateurs comme une tentative de Mariano Rajoy de reconquérir les électeurs les plus conservateurs.

Les prochaines élections législatives en Espagne sont prévues en 2015.

Tracy Rucinski; Marc Angrand pour le service français