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L’Éthiopie, nouveau refuge électrique des mineurs chinois de cryptomonnaies

C’est au printemps dernier que les premiers conteneurs ont fait leur apparition près de sous-stations électriques reliées au tout nouveau “grand barrage de la Renaissance éthiopienne” (le Gerd), le plus grand d’Afrique. Ils abritent des tas d’ordinateurs très puissants et énergivores. En fait, leur présence témoigne de l’arrivée dans la Corne de l’Afrique de mineurs chinois de bitcoins.

Depuis qu’ils ont été chassés de leur mère patrie il y a deux ans [Pékin a interdit l’extraction de bitcoins en juin 2021], ils ne cessent de franchir les frontières, à la recherche d’un pays disposant d’une énergie bon marché et de réglementations bienveillantes. Ballottés par des vents contraires sur le plan politique et économique, ils ont fini par échouer ici, attirés par des coûts d’électricité parmi les plus bas du monde, ainsi que par un gouvernement très accueillant.

Un pari risqué

COURRIER INTERNATIONAL
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L’Éthiopie, qui autorise le minage de bitcoins depuis 2022 mais interdit toujours les plateformes d’échange de cryptomonnaies, a en effet renforcé ses liens avec la Chine au cours de la dernière décennie. Plusieurs entreprises chinoises ont d’ailleurs participé à la construction du barrage, qui a coûté 4,8 milliards de dollars [4,5 milliards d’euros], et sur lequel les mineurs comptent pour leur fournir l’énergie requise pour leur travail.

Dans un contexte où le changement climatique et la pénurie d’énergie engendrent ailleurs une certaine hostilité envers ce secteur, capable pourtant de générer 16 milliards de dollars [15 milliards d’euros] de gains par an (au prix actuel du bitcoin), l’Éthiopie fait figure de mouton à cinq pattes pour toutes les entreprises qui s’occupent du minage de cryptoactifs, et plus spécialement pour les entreprises chinoises, qui dominaient jadis le marché mais ont désormais du mal à rivaliser avec leurs concurrents locaux au Texas, la plaque tournante actuelle.

Cela étant, c’est un pari risqué, tant pour les sociétés de minage que pour l’Éthiopie. Plusieurs pays en développement, comme le Kazakhstan et l’Iran, qui avaient au départ accueilli à bras ouverts les mineurs de bitcoins, ont fini par leur tourner le dos, au vu du fort mécontentement qu’ils risquaient de susciter, sur le plan domestique, par leur forte consommation d’énergie. Quant à la Chine, son règne en tant qu’épicentre du minage de bitcoins a pris brutalement fin en 2021, lorsque le gouvernement a décidé d’interdire cette activité, obligeant des dizaines d’entreprises à quitter le territoire.

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