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L’économie mondiale repose sur “un pari à 30 000 milliards de dollars”

C’est “en toute discrétion” que l’assouplissement quantitatif, ou quantitative easing (QE) en anglais, est “devenu l’idée maîtresse de notre époque”, raconte The New Statesman. Cette politique monétaire (que la Banque de France décrit comme “non conventionnelle”) fait la une de son édition du 1er mars. Avec un titre qu’on peut difficilement traduire en français : “The QE theory of everything” est une double allusion à la théorie du tout, qui, en physique, permettrait de décrire l’ensemble des interactions fondamentales, et à la théorie générale de l’emploi et de la monnaie, proposée en 1936 par John Meynard Keynes, une pièce essentielle de la pensée économique.

Même le prince Harry et Meghan Markle

Pour expliquer en quoi ce “pari à 30 000 milliards de dollars a changé le monde”, Will Dunn revient dans un long article de l’hebdomadaire britannique sur les origines du QE, qui consiste pour les banques centrales à acheter des actifs, notamment des titres de la dette publique, pour doper l’inflation et relancer l’économie en y injectant de l’argent.

Il explique : “Au cours des quinze dernières années, chaque évolution majeure de notre économie et de la superstructure culturelle qui en dépend – la croissance explosive des réseaux sociaux et de la Big Tech, le boom de l’immobilier, l’économie à la tâche, Elon Musk, les cryptomonnaies, les fake news, le café hors de prix, le Brexit, le capitalisme woke, Donald Trump et, oui, peut-être même le prince Harry et Meghan Markle – peut être reliée aux énormes sommes d’argent frais qui ont perturbé toutes les grandes économies.”

Le premier à avoir évoqué le QE est Richard Werner, en 1995. Ce jeune économiste allemand qui travaillait pour un fonds d’investissement à Hong Kong avait proposé comme “remède” à la récession au Japon “un nouveau type de création de prêts par la Banque centrale”, l’assouplissement monétaire quantitatif.

Les décennies qui ont suivi ont donné lieu à de multiples applications du QE, explique le journaliste économique britannique. “Au Japon en 2001, puis aux États-Unis et en Europe en 2008, et à encore plus grande échelle depuis 2020.” Aujourd’hui, le montant total des crédits créés par les banques centrales par le biais de l’assouplissement quantitatif “s’élève à 30 000 milliards de dollars”.

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