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L'édito du rédacteur en chef : "Le ressort est cassé"

A vrai dire, on ne serait même pas très loin de s'en battre l'œil. C'est moins le cas, soyons honnête, lorsque l'on regarde dans le rétro. Ainsi, alors que la barre des 10 000 ventes d'électriques n'a été franchie en France qu'en 2014, il aura fallu attendre 2020 pour que celle des 100 000 le soit à son tour. Un chiffre qui aura doublé seulement deux ans plus tard. Cependant qu'en 2023, donc, les 300 000 sont déjà à portée de fusil.

Néanmoins, face à cette progression apparemment flatteuse, il suffit de se pencher pour ramasser une bonne poignée de bémols. On pourrait commencer par rappeler que chacun de ces 300 000 véhicules aura coûté au contribuable la bagatelle de 5000 € minimum par tête. Et que, malgré ce sponsoring exubérant, associé de surcroît à un prosélytisme incessant et dénué de tout contradicteur, les électriques représentent toujours moins de deux voitures neuves vendues sur dix.

L'autre réserve - et elle est de taille - concerne le manque de diversité parmi les stars des ventes. Ainsi, le top 5 des électriques les plus vendues cannibalise à lui seul quasiment la moitié du marché. Parmi cette élite, on comptait bien sûr deux Tesla, dont l'une, le Model Y, a dominé la catégorie. D'ailleurs, pour découvrir son gros restylage prévu en fin d'année, rendez-vous p. 18. Mais derrière ce phénomène Tesla dont les médias se gargarisent, on fait finalement peu de cas de la deuxième du classement (et même première chez les particuliers), la Dacia Spring. Pourtant, avec ses quasi 30 000 ventes en 2023, la roumaine représentait, à une vache près, presque 10% du marché. Un véritable succès populaire, donc, mais qui n'aura pourtant pas évité à la moins chère des électriques son excommunication du sacro-saint bonus,...Lire la suite sur Autoplus