Le Kremlin refuse de libérer Navalny pour raison de santé

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LE KREMLIN REFUSE DE LIBÉRER NAVALNY POUR RAISON DE SANTÉ

MOSCOU (Reuters) - Le Kremlin a rejeté vendredi un appel de la femme d'Alexeï Navalny en faveur d'une libération de son mari afin que l'opposant russe puisse bénéficier d'un traitement médical d'urgence.

L'opposant à Vladimir Poutine a dit jeudi être privé de sommeil par les gardiens de sa prison, une pratique qu'il assimile à de la torture, selon une déclaration transmise à ses avocats. Il a ajouté que sa demande de visite d'un médecin en raison d'importantes douleurs au dos et aux jambes avait été rejetée par l'administration pénitentiaire russe.

Ioulia Navalnaïa, l'épouse de l'opposant, a exhorté le président russe à libérer son mari afin qu'il puisse être soigné par des médecins en qui il a confiance. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a cependant déclaré que cette demande resterait lettre morte car le dossier relève du service pénitentiaire fédéral.

Interrogé sur les accusations de torture par privation de sommeil, Dmitri Peskov a souligné que les citoyens russes détenus dans des prisons à l'étranger étaient confrontés à des situations bien plus difficiles.

"Certains d'entre eux ont été condamnés sans raison et illégalement", a-t-il dit.

"Ces divers exemples de punition dans les prisons d'autres pays sont souvent liés à des traitements beaucoup plus cruels et inhumains", a-t-il ajouté.

Alexeï Navalny a été condamné le mois dernier à deux ans et demi de prison pour des accusations qu'il qualifie de fictives. Il a été arrêté en janvier à son retour d'Allemagne où il a été soigné après son empoisonnement via un agent neurotoxique en août en Russie.

Nabila Massrali, porte-parole de Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne, a jugé inquiétantes les informations sur la détérioration de la santé d'Alexeï Navalny.

"Les autorités russes doivent permettre à @navalny d'accéder aux soins médicaux", a-t-elle écrit sur Twitter.

Agnès Callamard, une experte du Bureau des droits de l'homme de l'Onu, a également jugé inquiétantes les informations sur l'état de santé de l'opposant russe.

"Cette même Russie est en train de l'emprisonner, arbitrairement dans des conditions équivalant à des mauvais traitements ou pire", a-t-elle écrit sur Twitter.

(Tom Balmforth; version française Claude Chendjou, édité par Jean-Stéphane Brosse)