Jürgen Klopp peut-il vaincre la malédiction des finales perdues ?

LIGUE DES CHAMPIONS – Avec une seule victoire pour six finales disputées avec Dortmund et Liverpool, Jürgen Klopp affiche un taux de réussite inquiétant lorsqu’il s’agit de conclure. Ce samedi face au Real, le coach allemand peut-il inverser le cours de sa carrière, marquée par quelques cruelles désillusions ?

Jürgen Klopp reste sur cinq finales perdues avec Dortmund et Liverpool

Tout avait pourtant si bien commencé… Le 12 mai 2012, Jürgen Klopp, entraîneur du Borussia Dortmund depuis 2008, dispute la première finale de sa carrière de coach, en Coupe d’Allemagne. Ses joueurs, qui viennent de décrocher un 2e titre consécutif en Bundesliga, atomisent le Bayern Munich (5-2) et s’offrent un doublé retentissant. Propulsé au rang de star, le jeune technicien (44 ans à l’époque) semble parti pour empiler les succès. Raté : six ans plus tard, le palmarès de Jürgen Klopp n’a quasiment pas évolué, seulement agrémenté de deux supercoupes d’Allemagne (2013 et 2014).

Cinq finales depuis 2012, cinq défaites

A son crédit, Klopp n’a pas choisi la facilité en restant à Dortmund jusqu’en 2015 alors que le Bayern Munich, revenu au sommet en Bundesliga, lui faisait les yeux doux, puis en rejoignant Liverpool, qui court après un titre de champion d’Angleterre depuis 1990. Difficile, dans ces conditions, d’espérer triompher en championnat. Mais l’ancien de Mayence a eu d’autres opportunités de décrocher des titres dans les coupes, nationales et européennes. Et là, le bilan a de quoi faire peur. Depuis 2012, Jürgen Klopp a disputé cinq finales (trois avec Dortmund, deux avec Liverpool). Il les a toutes perdues.

De la finale de la Ligue des champions 2013 face au Bayern (perdue sur un but d’Arjen Robben à la 89e minute) à celle de la Ligue Europa 2016 contre Séville (défaite 1-3, alors que Liverpool menait 1-0 à la mi-temps), l’histoire de ces revers en finale a installé Jürgen Klopp dans un rôle de loser magnifique dont il peine désormais à se défaire. A chaque fois, en effet, le scenario laisse des regrets au coach allemand et à ses joueurs.

Faillite ou malchance ?

Entre ces deux douches froides européennes, Jürgen Klopp a en effet perdu la finale de la Coupe d’Allemagne 2014 en prolongation face au Bayern (0-2), puis s’est incliné de manière surprenante en finale de la Coupe d’Allemagne 2015 contre Wolfsburg (1-3, après avoir ouvert le score dès la 5e minute, puis avoir encaissé trois buts entre la 22e et la 38e), alors que le plus dur avait été fait en battant l’ogre bavarois en demi-finale. Parti de Dortmund sur cette fausse note, Klopp rejoint Liverpool en octobre 2015. Moins de cinq mois plus tard, il dispute sa première finale avec les Reds, en Capital One Cup face à Manchester City. Cette fois, c’est une séance de tirs au but rocambolesque qui prive de titre les hommes de Klopp.

Cinq scénarios différents, donc, avec une constante : la frustration née de cette certitude, à chaque fois, de ne pas être passé si loin du sacre… A ce niveau d’infortune répétée, on entre presque dans le domaine du surnaturel, d’autant qu’il serait hasardeux de faire porter uniquement à Jürgen Klopp la responsabilité de ces cinq défaites. Pour prendre l’exemple des deux plus récentes, il paraît évident que l’entraîneur allemand a failli en finale de C3 face à Séville, notamment dans sa gestion de la mi-temps (les Andalous ont égalisé dès le retour des vestiaires), mais que peut-on lui reprocher sur la finale de Capital One Cup perdue face aux Citizens, hormis de la malchance ?

La lose de Klopp face à la baraka de Zidane

Reconnu comme l’un des plus brillants tacticiens et meneurs d’hommes de son époque, le natif de Stuttgart semble donc poursuivi par la lose depuis “l’acte fondateur”, cette défaite en finale de la C1 2013 face au Bayern Munich à Wembley, après une campagne où le Borussia Dortmund avait ébloui l’Europe par son jeu chatoyant et sa générosité de tous les instants. Cinq ans plus tard, l’histoire se répète pour Klopp. Le voilà à nouveau en finale de la Ligue des champions au terme d’une incroyable saison européenne, dans une position d’outsider face à un géant d’Europe, le Real Madrid.

Le Liverpool de Klopp peut-il réussir là où son BVB avait échoué ? Klopp lui-même peut-il faire abstraction de ses cinq finales perdues pour aider au mieux ses joueurs, avant et pendant la rencontre ? L’un des enjeux majeurs de la finale de samedi se situe bien dans cette capacité du technicien allemand à chasser ses vieux démons. D’autant que l’entraîneur du Real, Zinédine Zidane, est à peu près son exact opposé en termes de réussite dans les grands rendez-vous. Invaincu en finale en tant que coach, le Français est escorté par une insolente baraka depuis sa prise de fonction en janvier 2016. Difficile de trouver un adversaire plus indiqué pour tenter de conjurer le mauvais sort…