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Jospin accuse Sarkozy d'être "pro-russe" après ses propos sur l'Ukraine qui "doit rester neutre"

Les propos de Nicolas Sarkozy n'en finissent pas de faire réagir. L'ancien chef de l'État a estimé dans un entretien-fleuve au Figaro mi-août que l'Ukraine devait "rester neutre", sans rejoindre l'OTAN ou l'Union européenne. Emmanuel Macron n'écarte pourtant plus la possibilité que Kiev adhère à ces deux institutions. De quoi déplaire fortement à l'ex-Premier ministre socialiste Lionel Jospin.

"Ce qui m'a surpris d'abord, choqué ensuite, c'est qu'un ancien président de la République prenne une position diamétralement opposée à la position officielle de son pays, la France, qui soutient l'Ukraine et combat, si on peut dire d'une certaine façon, la Russie", a expliqué le socialiste vendredi sur France inter.

"Oui", Sarkozy est "pro-russe"

Interrogé sur le fait que l'ancien président puisse être "pro-russe", Lionel Jospin a répondu: "oui, je l'ai dit".

Sarkozy accusé "d'avoir oublié ce qui s'est passé" lors de l'invasion de l'Ukraine

"L'Ukraine est un trait d'union entre l'ouest et l'est, il faut qu'elle le reste", a tranché de son côté Nicolas Sarkozy, jugeant que l'adhésion du pays à l'Alliance atlantique ou à l'Europe étaient des "promesses fallacieuses qui ne seront pas tenues".

L'ancien locataire de l'Élysée a suggéré "un accord international prévoyant des assurances de sécurité extrêmement fortes pour la protéger contre tout risque de nouvelle agression". L'ancien patron des Républicains juge encore qu'en Crimée, annexée en 2014 par la Russie, "tout retour en arrière est illusoire".

Lionel Jospin a fermement contesté ses analyses, l'accusant d'avoir "oublié ce qui s'est passé lors de l'invasion de l'Ukraine en février 2022".

"L'objectif n'était pas de récupérer le Donbass, le Donetsk ou la Crimée puisque la Russie avait déjà mis la main dessus", analyse l'ancien Premier ministre.

L'ancien président appelle à "un référendum" pour "entériner l'état de fait actuel"

"L'objectif était qu'un corps expéditionnaire aille à Kiev, fasse tomber les autorités légitimes, peut-être les élimine et que l'Ukraine se trouve sous la coupe de la Russie et qu'accessoirement la Russie se trouve aux frontières de la Pologne. C'est ça l'origine", poursuit encore le socialiste.

Selon Nicolas Sarkozy, une "sortie par le haut" du conflit consisterait même à organiser "des référendums strictement encadrés par la communauté internationale pour trancher les questions territoriales de façon définitive et transparente" notamment dans "les territoires disputés de l'est et du sud de l'Ukraine".

Pour lui, "un référendum incontestable (...) sera nécessaire pour entériner l'état de fait actuel".

Macron contraint de réagir

La position de Nicolas Sarkozy a mis Emmanuel Macron et la diplomatie française dans l'embarras. Le chef de l'État a réagi par vidéo lors d'un sommet de la "Plateforme Crimée", un événement annuel voulu par le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour rappeler la souveraineté ukrainienne sur la péninsule.

L'occasion pour lui de rappeler de manière très claire que "la France ne reconnaît ni l'annexion par la Russie de territoires ukrainiens ni les résultats des simulacres d'élections qui ont été organisées".

Dans son message, Emmanuel Macron a encore souligné mercredi la "décision historique de reconnaître à l'Ukraine le statut de candidat à l'adhésion à l'Union européenne". "Nous resterons à vos côtés sur ce chemin européen et dans votre aspiration à une paix juste et une paix durable, c'est-à-dire dans le respect du droit international", a-t-il insisté.

Lionel Jospin n'est pas le seul à gauche à avoir vertement critiqué Nicolas Sarkozy. François Hollande a pointé "les erreurs" de son prédécesseur sur l'Ukraine. "Lorsque les référendums sont organisés en territoire russe, il y a toujours le même résultat", a asséné l'ex-président socialiste.

Article original publié sur BFMTV.com