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JO de Paris 2024 : rencontre avec Lisa Barbelin, 23 ans, qui visera la médaille d’or en tir à l’arc

JO 2024 - Elle inspire, ferme les yeux, expire, bande son arc et laisse partir sa flèche. Ces gestes, Lisa Barbelin, déjà double championne d’Europe de tir à l’arc à seulement 23 ans, les répète 600 fois par jour. Imperturbable, elle prend tout de même le temps de nous décrocher un large sourire entre deux tirs quand nous lui rendons visite à l’Insep, le centre d’entraînement de l’élite du sport français, au cœur du bois de Vincennes, près de Paris. Si la jeune archère passe dix heures par jour à s’exercer, c’est qu’elle a sa cible en tête, comme elle l’explique dans notre vidéo en tête d’article : remporter une médaille d’or aux Jeux de Paris, qui commencent dans cinq mois jour pour jour, le 26 juillet.

« J’adore quand on peut tirer dehors au printemps avec le soleil et les oiseaux qui chantent », lance Lisa, avant de nous proposer tout naturellement de faire l’interview à l’extérieur. Celle qui a fait ses débuts dans son club de Dieuze, en Moselle, est entrée « dans la grande famille » de l’Insep en 2018. Une fois passée la grande porte, elle a participé aux JO de Tokyo en 2021 : « Ça s’est très bien passé, mais j’étais un peu déçue. J’ai terminé 5e en mixte, et 7e ou 8e en individuel, alors que j’espérais beaucoup plus. »

La tête dans les médailles

Trois ans plus tard, Lisa a « beaucoup appris » de cette expérience, et affirme, avec ses yeux bleus qui pétillent, être plus déterminée que jamais pour Paris 2024. « Je rêve d’une médaille d’or en individuel bien sûr, mais aussi en équipe et en mixte. » Car ce n’est pas seulement la gloire sur l’esplanade des Invalides qu’elle espère, mais avant tout un accomplissement personnel : « Je veux être fière de moi quand je regarderai en arrière. »

Alors pour un jour porter une médaille olympique autour du cou, Lisa travaille sur sa « concentration » et sa respiration. « Le but est de vider mes poumons pour avoir le haut du corps qui se rabat vers l’avant et après pouvoir enchaîner sur mon tir de la manière la plus douce possible », détaille-t-elle avec le calme et la rigueur qui la caractérisent.

Celle qui estime que « tout le monde peut acquérir les qualités d’un champion avec beaucoup de travail et de temps », fait aussi l’éloge de son sport, dont les bienfaits pour la santé sont bien trop peu connus selon elle. Le tir à l’arc est notamment « prescrit sous ordonnance après une rémission de cancer du sein ou pour les personnes hyperactives », détaille celle qui a pris la deuxième place de l’épreuve test des Jeux de Paris, en août dernier.

Une pianiste aux doigts cornés

Exigeante avec elle-même, Lisa n’a jamais voulu lâcher les études malgré sa vie d’athlète d’élite. Désormais inscrite en licence de chimie à la Sorbonne, elle espère poursuivre en master, puis devenir sage-femme, ou journaliste, ou « peut-être continuer dans le tir à l’arc », si ce n’est faire complètement autre chose comme se consacrer à une vie de maman qu’elle espère.

Si elle ne sait pas encore quelle est sa voie, c’est que l’archère mosellane a mille passions : elle enregistre son podcast « Radio Carquois » sur le tir à l’arc et le sport de haut niveau, adore les parties de tarot avec ses amis, et joue aussi du piano.

D’ailleurs, sa passion pour la musique s’accorde parfaitement avec sa pratique sportive. « Si tu fais une fausse note au piano, la mélodie continue, il faut que tu ailles au bout des choses. C’est pareil au tir à l’arc, si tu fais une flèche un peu plus loin du centre de la cible que les autres, il faut aller jusqu’au bout », estime la mélomane pour qui le plus beau son est « celui de la flèche qui atteint le 10 ». Deux activités qui ont aussi en commun de la forcer à prendre extrêmement soin de ses mains, en les massant et en « retirant régulièrement la corne » au bout de ses doigts.

Ne pas rester « dans sa bulle »

Lisa Barbelin ne compte pas laisser tomber ces hobbies, même à cinq mois des Jeux et malgré le temps passé à l’entraînement. « Je ne peux pas être concentrée que sur le tir à l’arc sinon je péterais un câble », lance-t-elle avec franchise. « Ma vie sociale est hyper importante pour mon équilibre (...) jusqu’au dernier moment avant les Jeux, je vais voir mes copains, ma famille, et ne pas rester dans ma bulle », abonde-t-elle. Elle vit d’ailleurs à l’Insep avec son compagnon, Thomas Chirault, lui aussi espoir des archers français pour Paris 2024.

« Par contre, je couperai tous les réseaux sociaux parce qu’il ne faut pas que je pense au poste ou à la story Instagram que je vais mettre… Il faut savoir compartimenter », nuance-t-elle avec rigueur.

À peine l’interview terminée, ses yeux sont déjà rivés vers le match en équipe qui l’attend pour terminer sa session d’entraînement. Elle encourage ses comparses à grand renfort de « Allez les filles ! » quand ce n’est pas à elle de tirer. Ses coéquipières confient qu’elles espèrent toutes remporter les JO en équipe, plus encore qu’obtenir une médaille individuelle : « Ce serait merveilleux de gagner ensemble ». Et c’est d’ailleurs en file indienne que les jeunes archères enfourchent leur vélo pour se rendre à la cantine, clamant en chœur « À bientôt ! ». Oui, à partir du 26 juillet pour faire rêver la France.

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