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JO de Paris 2024: le président polynésien désamorce les polémiques liées à l'épreuve de surf (et à la fameuse tour controversée)

La désinformation rend Moetai Brotherson perplexe. Le président de la Polynésie française s'est longuement confié au micro de RMC dans une interview diffusée intégralement ce mardi. L'homme politique de 54 ans s'est exprimé sur les nombreuses critiques liées à l'organisation de l'épreuve de surf à Tahiti pour les prochains Jeux olympiques (27 juillet-5 août), notamment à propos de l'installation d'une tour en aluminium destinée aux juges, qui doit remplacer une tour en bois n'étant plus aux normes.

"Ce que je regrette, c'est la désinformation, qui a fait gonfler de manière un peu immodérée ce buzz. Qu’il y ait eu des critiques, ça on peut l'admettre. Que certaines de ces critiques se soient basées sur des faits objectifs, il n'y a pas de souci, tempère Moetai Brotherson. Mais encore la semaine dernière, je recevais des commentaires de gens du bout du monde qui n'ont jamais vu Tahiti ni de près ni de loin, qui venait m'expliquer mon pays, qui venait m'expliquer ma culture et qui me parlait d'une tour qui allait rester là de manière permanente alors que non, c'est une tour qui va être monter et démonter comme l'ancienne, qui me parlait d'une tour gigantesque alors que non, elle fait maintenant exactement la même taille que l'ancienne tour, qui me parlait d'un énorme pipeline qui passait à travers le récif alors que ce n'est pas le cas."

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Tony Estanguet défend fermement le projet

Le président polynésien pointe du doigt les réseaux sociaux, où les sorties de route sont nombreux. "Ce genre de dérapage, de cercles concentriques où l'information au fur et à mesure qu'on s'éloigne de la source, se délite. C'est ça que je regrette", poursuit Moetai Brotherson.

Ce projet de tour en aluminium continue d'alimenter le débat ces dernières semaines. La fédération internationale de surf a proposé aux organisateurs des JO 2024 de juger les épreuves à Teahupo'o via des images, et donc de se passer de cette si controversée tour des juges. Une idée rejettée par Tony Estanguet, qui tient absolument à voir ce projet sortir de terre. "Quand on est sur la terre, on est à 900 mètres de la vague, c’est un premier défi. Il n’y a pas de faisabilité avérée de la capacité à télédiffuser dans de très bonnes conditions des compétitions de surf. Les juges seraient disposés à terre à 800-900m de la vague et s'appuiraient exclusivement sur des écrans qui filment. En termes d’équité sportive, c’est un vrai défi de s’assurer que le signal est de bonne qualité pour chaque surfeur dans les mêmes conditions, alors que, jusqu'à présent, les compétitions ont toujours été jugées depuis une tour."

Article original publié sur RMC Sport