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JO de Paris 2024: au cœur d’une reconnaissance du parcours d'équitation avec Simon Delestre

Il est 10h45. Nous sommes une demi-heure avant le début de l’épreuve. Simon Delestre accompagné de son ami Jérôme Guéry, cavalier belge, entrent sur la piste. Souvent, tous les deux reconnaissent le parcours ensemble. "On discute toujours de la piste mais tu dois discuter avec un cavalier qui monte dans la même épreuve que toi un cheval qui a la même action que le tien. Si tu demandes à un cavalier avec un cheval diamétralement opposé il ne va pas te donner les réponses que tu attends et ça peut te perturber. C'est important que le cheval s'identifie au tien. Sinon ça donne des informations erronées", explique Simon.

Une fois le "go" donné par les organisateurs pour commencer la reconnaissance, Simon et Jérôme s’élancent. "Là, on va aller marcher la piste. C'est à dire que l'on va prendre connaissance du parcours. On va mesurer les foulées que l'on va faire entre les obstacles, voir où on va passer avec les chevaux en démarrant le parcours", explique le Français. Tous les deux vont prendre connaissance pour la première fois, du parcours. "À chaque fois on découvre. Parfois on regarde un peu le plan mais le plan ne reflète pas vraiment le parcours. On ne voit pas les obstacles, on voit juste leur emplacement mais pas la configuration. Du coup, sur un plan ça ne parle pas vraiment", lâche Simon. Avant chaque concours, "c’est le moment décisif, le moment le plus important", ajoute-t-il.

"Les choix tactiques ont les faits maintenant"

Direction, les premiers obstacles. Jérôme et Simon se mettent dos aux barres et commencent à marcher entre chaque et comptent leur pas. "On reconnaît une première fois pour dégrossir. Une fois qu'on a marché et qu'on a mesuré les distances entre les obstacles, on refait une reconnaissance et on va penser à quelle amplitude pour notre cheval à et c'est là qu'on va prendre une décision sur le plan à suivre", détaille le numéro deux français.

Alors retour au départ. Sans Jérôme, qui part en 10e position, dans quelques instants. Il n’a pas le temps d’approfondir sa reconnaissance. Simon, lui, a plus de temps, dossard 34. "L'obstacle numéro un est isolé, on l'a marché mais il n'y a rien de spécial", justifie Simon qui montera sa jument Acatitla LS pour cette épreuve. "On arrive au niveau du 2e et 3e. On va voir quelle impulsion on va donner et voir le contrat de foulées qu'on va faire pour aller jusqu'au trois." Même scène, Simon se met dos aux barres et compte : "une, deux, trois, quatre… vingt." "On dit que tous les quatre pas c'est une foulée. Donc ici, on a vingt pas ce qui est cinq foulées." C’est le moment d’être tacticien et de choisir le meilleur tracer à suivre. "Certains vont prendre le choix d'aller à l'intérieur pour les cinq foulées donc ils vont serrer la courbe. Et d’autres, en fonction de la foulée du cheval vont aller plutôt à l'extérieur pour faire six foulées. Moi c’est une jument que je découvre je vais faire le choix de faire six foulées et arrondir un peu. C'est là où la reconnaissance est vraiment importante, les choix tactiques ont les faits maintenant", souligne le cavalier.

"J’ai suivi le plan"

Le parcours est reconnu, Simon Delestre a son plan en tête. C’est un vrai travail de visualisation et de mémorisation. "Je suis à mon je ne sais combientième parcours de ma carrière, j'ai l’habitude, c'est assez instinctif. Ce qui change c'est plutôt le nombre de contrats de foulées et le cheval que tu montes. C'est ça qu'il faut adapter à chaque reconnaissance", pointe Simon. Mais si lui a pu découvrir le parcours à l’avance, ce n’est pas le cas de sa jument. "Les chevaux en fait ce qui est difficile c'est qu'ils doivent nous faire confiance. Eux, quand ils entrent dans la piste, ils n'ont aucune idée d'où ils vont et où sauter. C'est là que l'osmose avec le cavalier est vraiment importante. Ils nous font confiance et se livrent à nous."

Et l’osmose aura parfaitement marché. Simon avec Acatitla réalisent un parcours sans faute pour cette première épreuve du Saut Hermès. "Le plan a été bon. Dire si la reconnaissance a été parfaite c’est toujours difficile à dire. Mais j’ai suivi le plan, la jument sautait très bien. Et on est resté sur le tracer que l’on a donné. Il n'y a pas eu d'improvisation", sourit le numéro deux français. Le duo termine huitième avec un parcours réalisé en 24.38 secondes.

Article original publié sur RMC Sport