Publicité

Jeux olympiques de Paris 2024: au cœur de la confection des t-shirts des volontaires

Tout a commencé il y a deux ans. La société Fil Rouge, qui a ses locaux dans le 10ème arrondissement de Marseille est contactée par Décathlon. "Quand ils nous ont appelés, on a dit oui bien entendu. C’est une opportunité à ne pas rater. On a travaillé ensemble pour ce projet. C’est une fierté de participer à événement comme celui-là. Les JO c’est tous les quatre ans et en France tous les jamais. En étant une petit PME marseillaise c'est particulier", se réjouit Jean-Francois Aufort, président de Fil Rouge. Il a donc fallu restructurer "la maison" pour fabriquer 250 000 t-shirts dans un temps imparti.

"Je participe aux JO d’une manière ou d’une autre"

Dans les locaux, divisés en plusieurs ateliers, quarante-quatre personnes travaillent sur le projet des Jeux. Avec une particularité pour cette entreprise. "On a deux métiers. Le premier, celui d'industriel où on doit fabriquer au standard du marché, au coût du marcher... et en même temps pour nos partenaires institutionnels, on doit être capable d'accueillir des Marseillais éloignés de l'emploi, qui cherchent à se former… Notre challenge est de lever tous les freins à l'emploi, de former les gens", souligne le président de Fil Rouge. Une trentaine de personnes du projet JO sont en contrat d’insertion. C’est le cas de Meguireche Abdeljalil, arrivé en France il y a treize mois. "Pour moi c'est un événement historique. C'est une chance qui n’est pas donnée à tout le monde. C'est une fierté. Ils vont porter ces maillots-là, je suis content. Je participe aux JO d'une manière ou d'une autre. Au moins il y a un sens dans mon travail." Meguireche, embauché depuis huit mois par Fil Rouge, est chargé du découpage du tissu, qui servira ensuite à réaliser les fameux t-shirts des volontaires. "On appelle ça le matelassage. On prépare un nombre de plis limité. On fait le tri. Au fur à mesure on contrôle s’il y a des défauts ou non. Puis, on prépare ensuite les matelas et on passe à la coupe." Un travail qu’il fait avec le sourire. Tout comme Sabrina, mère de famille. "On attend le jour J. Je vais dire à mes enfants que c'est moi et mon équipe qui ont fait ce modèle."

Sabrina a un rôle bien particulier. Car sur chaque t-shirt de couleur bleu-vert, il y a des logos à fixer. Sur la face avant, une flamme olympique au niveau du col, le logo de Décathlon et les écritures "Paris 2024" à droite du t-shirt et aussi dans le dos. Pour faire cela, c’est un travail minutieux. "Nous travaillons avec un système de repérage au laser pour être précis, au millimètres près, pour sortir des produits de qualité", explique Efisio le responsable de l’atelier de marquage. Il supervise le travail des douze employés de son atelier. "Avec les lasers Sabrina pose les motifs avec précision. Et après vous avez un plateau thermique qui se déplace et avec une pression il chauffe et fixe les motifs de façon définitive. On enlève ensuite la protection et là vous avez le produit prêt à être monté."

"1000 pièces doivent sortir de l’atelier chaque jour"

Les bacs des faces avant et arrières des t-shirts sont ensuite amenés dans un nouvel atelier : celui de la production. Des dizaines de couturiers et couturières sont assis les uns derrière les autres derrière leur machine. Depuis ses 14 ans, Fathia est couturière. Les lunettes sur le nez, le regard fixé sur sa machine, elle se met au travail et répète les mêmes mouvements : "Je fais la fixation du col. C’est un poste important. Je fais 280 cols par jour." Une fois le t-shirt passé dans les mains de plusieurs personnes à des postes bien précis, le t-shirt est terminé. "Au total, il y a 19 opérations sur le t-shirt. Chaque poste est différent, la fixation du col, l’assemblage, les poses des bandes, l’ourlet, l’encolure... il faut respecter les lignes. C’est un travail minutieux qui demande de l'attention et de l'amour pour la couture", sourit Zoubaida Ben Kraiem, cheffe d'équipe et qui gère la production. Chaque jour, "1000 pièces doivent sortir de l’atelier", détaille Zoubaida.

En plus d’être totalement fabriqué en France, ce t-shirt est aussi écoresponsable. "Tout est recyclé. C'est du polyester recyclé. On réutilise les chutes de coupes. Il y a une vraie démarche circulaire", explique Donation Drouin, le responsable de production pour Décathlon. Qui plus est, ce haut sera unique pour chaque bénévole. "En fait, le transfert (le marquage) est un dégradé de couleurs et vu qu'on coupe aléatoirement chaque volontaire aura un t-shirt unique. De plus, le choix de couleur, le vert bleu représente Décathlon, la nature, le sport. Il rentre bien dans ce qu'on nous avait demandé", souligne Donatien. Alors chaque dotation sera composée "d’un coiffant, d’une veste, de plusieurs t-shirts, d’un pantalon/short, de chaussettes, chaussures, un sac, un sac banane."

Article original publié sur RMC Sport