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Jeux olympiques et paralympiques de Paris : comment 18 g de tour Eiffel se retrouvent dans chaque médaille

La médaille d’or des JO-2024 conçue par la maison de joaillerie de luxe Chaumet, ici présentée à Paris, le 30 janvier 2024.
THOMAS SAMSON / AFP La médaille d’or des JO-2024 conçue par la maison de joaillerie de luxe Chaumet, ici présentée à Paris, le 30 janvier 2024.

JEUX OLYMPIQUES - Des deux faces des médailles olympiques et paralympiques, présentées ce jeudi 8 février par l’organisation des JO de Paris, c’est celle qui attire le regard et reste la plus symbolique.

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Qu’elle soit d’or, d’argent ou de bronze, elle accueille en effet en son centre un morceau de fer d’origine de la tour Eiffel, pesant 18 grammes. Quand on sait que la Monnaie de Paris frappera au total 5 084 médailles, dont un peu plus de 1 650 seront destinées aux athlètes, c’est un total de 91 kg de tour Eiffel qui se retrouveront au cœur de ces médailles.

Comment cela a-t-il été rendu possible ? Pour couper court, non, le fer en question n’a pas été prélevé directement sur la tour Eiffel actuelle. Il provient en fait d’éléments métalliques définitivement retirés de la Dame de fer au cours du XXe siècle puis soigneusement conservés, quand le monument a fait l’objet de campagnes de rénovation.

Le fer de la tour Eiffel, et donc celui présent dans les médailles, n’est par ailleurs pas un fer comme les autres. Il s’agit d’un fer « puddlé ». L’opération de « puddlage » permet d’affiner la fonte produite par réduction du minerai de fer. Ainsi débarrassé de l’excès de carbone encore présent dans la fonte, le fer obtenu est alors presque pur et d’une robustesse à toute épreuve. En vue d’ériger la tour Eiffel pour l’Exposition universelle de 1889, le « puddlage » était réalisé à l’époque dans les forges et les hauts fourneaux de Pompey en Lorraine.

Dénué de sa peinture « brun tour Eiffel », le fer « puddlé », taillé en forme d’hexagone en référence à la France, se retrouve ainsi dans sa couleur d’origine sur les médailles.

Rivets, rubans et croisillons

Il a été décidé de placer le morceau de tour Eiffel « au centre de la médaille, de le traiter de forme hexagonale pour rappeler la France et de le mettre au centre d’un travail de rayonnement et de facettage de l’or pour rappeler le rayonnement de la France », explique à l’AFP Clémentine Massonnat, responsable création chez Chaumet, la maison de haute joaillerie française ayant imaginé les médailles.

Les rayons et le facettage de la médaille permettent aussi « d’attirer l’œil sur ce morceau de tour Eiffel et que la médaille renvoie la lumière quand l’athlète l’aura autour du cou », ajoute-t-elle. « Il fallait jouer avec la lumière (...) lorsqu’on manipule ou fait jouer la lumière sur cette médaille, les rayons accrochent cette lumière et la rendent de façon complètement différente », détaille de son côté le chef d’atelier chez Chaumet Benoît Verhulle.

Une autre référence à la tour Eiffel est présente dans les six coins de cet hexagone de fer. Il s’agit de six appendices de métal, qui évoquent les rivets du monument parisien.

THOMAS SAMSON / AFP
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La Dame de fer a également inspiré le design du ruban, qui est orné de ses croisillons. En rapprochant les morceaux de rubans l’un contre l’autre, la ligne formée laisse même entrevoir la forme du monument. Au bleu sobre du ruban des médailles olympiques répond aussi le rouge profond du ruban des médailles paralympiques, mélange des deux premières robes de la tour Eiffel, « rouge Venise » et « brun rouge ».

Enfin, la face graphique des médailles paralympiques présente une vue originale en contre-plongée, sous la tour Eiffel.

THOMAS SAMSON / AFP
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