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Jean-Louis Debré : « Robert Badinter était la voix de la République »

L'ancien ministre de l’Intérieur est décédé à l'âge de 95 ans.  - Credit:RAPHAEL LUCAS/SIPA / SIPA / RAPHAEL LUCAS/SIPA
L'ancien ministre de l’Intérieur est décédé à l'âge de 95 ans. - Credit:RAPHAEL LUCAS/SIPA / SIPA / RAPHAEL LUCAS/SIPA

Jean-Louis Debré, ancien ministre de l'Intérieur et ex-président du Conseil constitutionnel, confie au Point être « admiratif » de ces hommes qui, à l'instar de Robert Badinter – mort ce vendredi 9 février à l'âge de 95 ans –, portent en eux « une certaine idée de la justice, une certaine idée du droit, une certaine idée de la liberté ». Entretien.

Le Point : Qu'incarnait, selon vous, Robert Badinter ?

Jean-Louis Debré : C'était une voix. Une voix qui montrait le chemin. Robert Badinter, c'était un personnage qui m'a impressionné lorsque j'étais juge d'instruction et qu'il était avocat. C'était un responsable politique, qui avait des convictions et qui les a défendues jusqu'au bout. C'était un humaniste qui a porté avec énormément de courage l'abolition de la peine de mort. Je me souviendrai toujours de cette phrase, qu'il a solennellement prononcée lors de son discours du 17 septembre 1981 devant l'Assemblée nationale : « La justice est là pour rendre la justice et non pas pour tuer. » Il était également l'un de mes prédécesseurs au Conseil constitutionnel [Jean-Louis Debré a siégé à l'institution de la rue de Montpensier de 2007 à 2016, NDLR]. Il a été le premier à réfléchir à la question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Badinter, c'était donc une conscience, une voix et des convictions.

C'était aussi un homme qui parvenait à concilier une élégance et une rigueur irréprochables…

Absolument ! Il portait en lui l'élégance des idées et le courage des c [...] Lire la suite