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Jean Lafaurie : « Un jour, peut-être, quand je ne serai plus là, ils se souviendront de ce que je leur ai raconté… »

Jean Lafaurie, 100 ans, continue de témoigner dans les écoles.  - Credit:KHANH RENAUD POUR « LE POINT »
Jean Lafaurie, 100 ans, continue de témoigner dans les écoles. - Credit:KHANH RENAUD POUR « LE POINT »

Pour 2024, le centenaire Jean Lafaurie a un programme bien rempli. Sept écoles en Seine-et-Marne, six dans les Charentes… Jusqu'à son dernier souffle, il ira voir cette jeunesse qui ne peut s'imaginer ce que fut la barbarie des camps. Lors de sa dernière rencontre à Caen, nous raconte-t-il, l'œil vif et encore ingambe, « ils étaient près de 2 000, 800 dans la salle, les autres connectés ».

Ce 2 janvier, quand nous sommes allés le rencontrer pour Le Point, le vent hurlait autour de son pavillon de Nangis, mais Jean Lafaurie n'écoutait que sa flamme testimoniale qui l'incite à « toujours semer une graine » : « Un jour peut-être, quand je ne serai plus là, ces jeunes vivront une scène de violence, de racisme, ils se souviendront de ce que je leur ai raconté. » Il nous a cité une professeure d'histoire qui s'était levée lors d'un congrès pour témoigner que l'envie d'enseigner cette matière, de transmettre à son tour, lui était venue en l'écoutant.

Il ne raconte pas tout aux élèves

Durant sa vie professionnelle de contremaître en bâtiment, pas un mot sur son internement pendant près de dix-huit mois à la centrale d'Eysses de Villeneuve-sur-Lot, ni sur sa déportation à Dachau où il est resté jusqu'à la libération du camp, fin avril 1945. Il n'en parlait qu'en famille, avec ses six enfants. Et puis, en 1983, le jeune retraité est parti voir à Paris son association de déportés pour se mettre à disposition. Il incarne cette génération des témoins qui, l'âge venant, on [...] Lire la suite