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Jean-François Achilli a admis avoir fait des « retours » sur le manuscrit de Jordan Bardella

Jean François Achilli photographié en 2012 (illustration)
ERIC FEFERBERG / AFP Jean François Achilli photographié en 2012 (illustration)

POLITIQUE - « Depuis quand les journalistes politiques ne peuvent-ils plus échanger avec l’ensemble des responsables politiques ? », se demandait Jean-François Achilli, en réagissant à sa suspension à titre conservatoire décidée par la direction de franceinfo, après que Le Monde a révélé sa collaboration secrète avec le président du RN Jordan Bardella. Ce lundi 25 mars, le quotidien du soir révèle les détails de la première audition du journaliste devant sa hiérarchie, au lendemain de la publication du premier article.

Selon Le Monde, Jean-François Achilli a admis devant ses supérieurs avoir lu le manuscrit de la tête de liste du RN, auquel il a ensuite fait des « retours » et transmis des « avis » sur le contenu. Toujours selon ce récit, c’est Jordan Bardella qui aurait sollicité l’aide du journaliste avant l’été 2023. Le premier envisageait un livre écrit à la première personne, quand le second ne concevait une collaboration qu’à travers un livre d’entretiens.

Aucune « autorisation préalable »

Un désaccord qui n’a pas conduit Jordan Bardella et Jean-François Achilli à couper les ponts sur le sujet, puisque le journaliste « a continué à échanger » avec l’élu RN durant l’été, en lui transmettant ses observations sur le manuscrit. Ce récit diffère sensiblement de ce que le journaliste a affirmé publiquement, en laissant entendre que la collaboration avait pris fin une fois qu’il avait « refusé le projet ». Quoi qu’il en soit, et contrairement à ce que ses soutiens affirment, ce n’est pas tant le nom où l’identité politique de Jordan Bardella qui semble poser problème aux yeux de la hiérarchie de Radio France, mais le (non) respect de ses obligations.

En effet, Le Monde rappelle que les journalistes du service public sont astreints à un devoir de transparence vis-à-vis de la direction, qui a pris soin pour l’occasion de rappeler les règles à l’ensemble des journalistes du service public : « toute collaboration extérieure, dès qu’elle est envisagée, doit faire l’objet d’une information à la hiérarchie et de son autorisation expresse et préalable ». Ce qui n’était manifestement pas le cas, puisque la direction de franceinfo a pris connaissance de cette collaboration dans la presse. Selon Le Monde, ces règles ont été rappelées à Jean-François Achilli lors d’un entretien ce lundi 25 mars. Le journaliste suspendu sera reçu lors d’un prochain entretien préalable à une sanction disciplinaire mardi 2 avril.

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