Publicité

Japon: un homme en phase terminale avoue à l'hôpital avoir été un fugitif recherché pendant 50 ans

Un mystère de près de 50 ans. Depuis le début de la semaine, les médias nippons sont en ébullition. Selon eux, un homme récemment venu se faire hospitaliser dans un état critique à Kamakura, au sud-ouest de Tokyo, a soudainement déclaré être Satoshi Kirishima, l'un des fugitifs les plus recherchés dans le pays depuis près de 50 ans.

"Je veux vivre mes derniers instants sous mon vrai nom", aurait-il expliqué.

Des tests ADN effectués

Ce patient, qui s'était initialement fait enregistrer sous une autre identité, est mort lundi, alors qu'il souffrait d'un cancer à l'estomac en phase terminale.

Aux policiers venus l'interroger durant son agonie, il avait répondu avec précision à des questions sur la famille de Satoshi Kirishima, et avait des traits physiques similaires à ceux du célèbre fugitif, selon l'agence de presse japonaise Jiji.

D'après des tests ADN effectués sur ses proches et lui, la compatibilité a été confirmée, a annoncé ce vendredi Kyodo News. La veille, le chef de la police nationale Yasuhiro Tsuyuki avait affirmé: "Nous pensons que l'homme décédé à l'hôpital après avoir prétendu être Satoshi Kirishima était en réalité le suspect.

Son portrait affiché dans les commissariats

Né le 9 janvier 1954, Satoshi Kirishima était un ancien membre du Front armé anti-japonais d'Asie de l'Est. Cette organisation nippone d'extrême-gauche prônant la lutte armée avait semé la terreur au milieu des années 1970 avec ses attentats à la bombe visant de grandes entreprises japonaises.

Le 30 août 1974, un attentat organisé par la cellule "Loup" de ce groupuscule avait notamment fait huit morts et des centaines de blessés au siège de la société japonaise Mitsubishi Heavy Industries à Tokyo. Satoshi Kirishima faisait lui partie d'une autre cellule de l'organisation, "Scorpion". La police japonaise le soupçonne notamment d'avoir fait exploser une autre bombe artisanale à Tokyo en avril 1975, qui n'avait pas fait de victimes.

Après avoir passé des décennies en cavale, à travailler dans une entreprise de construction où il était payé en liquide, ne possédant ni carte d'assurance-maladie ni permis de conduire, il s'était résolu à se faire hospitaliser lorsque les souffrances causées par son cancer étaient devenues intolérables, selon les médias japonais.

Son portrait, celui d'un jeune homme souriant, aux cheveux longs et aux épaisses lunettes, est affiché depuis des décennies sur les murs des postes de police dans tout le Japon.

Article original publié sur BFMTV.com