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Pour Jadot, le plan eau présenté par Macron est une "fuite en avant"

L'ancien candidat à la présidentielle regrette que les mesures présentées par le président ne concernent pas davantage "les grosses consommations d'eau" et notamment l'agriculture. "Mettre de côté le secteur qui consomme l'été 80% de l’eau, c’est un déni absolu", déplore l'écologiste.

"Une fuite en avant". C'est ainsi que Yannick Jadot qualifie le plan eau présenté par Emmanuel Macron ce jeudi à Savines-le-Lac, dans les Hautes-Alpes, pour répondre aux défis de la sécheresse et du réchauffement climatique.

"Ce n'est pas un plan de sobriété pour l'eau. C'est un plan qui maintient l'ébriété dans la consommation d'eau dans notre pays", fustige l'ancien candidat Europe Écologie-Les Verts (EE-LV) à la présidentielle.

"Pression sur les Français et les Françaises"

Pour le député européen, les annonces du président de la République sont en droite ligne des décisions prises en matière d'énergie l'hiver dernier:

"On met beaucoup la pression sur les Françaises et les Français [...] mais tout ce qui touche aux grosses consommations d'eau, notamment l'agriculture, est complétement laissé à part".

Concernant les agriculteurs, Emmanuel Macron les a appelés à ne pas "privatiser l'eau", en revenant notamment sur le sujet des méga-bassines. Ces retenues pompent durant l'hiver l'eau des nappes phréatiques afin que les agriculteurs puissent arroser leurs cultures l'été. Les écologistes sont vent debout contre ce système, voyant là une privatisation d'un bien commun.

De son côté, Emmanuel Macron souhaite mieux partager les futures bassines et les conditionner à des "changements de pratiques significatifs", à commencer par des économies d'eau et une réduction de l'usage des pesticides par les agriculteurs.

"Déni absolu"

"Ça ne sert à rien", dénonce Yannick Jadot, regrettant que depuis des années, "on met des centaines de millions d’euros pour soutenir ces démarches volontaires que les acteurs évitent, contournent, reportent".

"On a 32 jours sans pluie cet hiver, une vingtaine de départements qui sont déjà en vigilance sécheresse", alerte-t-il.

Pour lui, "mettre de côté le secteur qui consomme l'été 80% de l’eau, c’est un déni absolu". Le député européen approuve néanmoins certaines mesures comme la réutilisation des eaux usées, ou la mise en place d'une tarification progressive de l'eau. "Ça va dans le bon sens", juge-t-il.

Pour autant, "ce n'est pas le facteur qui nous permettra de réduire profondément notre consommation d'eau", selon l'écologiste. Il évoque de nouveau l'agriculture et insiste: "Mettre de côté le secteur qui consomme l'été 80% de l’eau, c’est un déni absolu".

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Plan eau : les gros consommateurs vont-ils devoir payer plus cher ?