Italie: Le parquet demande 59 comparutions pour l'effondrement du pont de Gênes, selon des sources

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ITALIE: LE PARQUET DEMANDE 59 COMPARUTIONS POUR L'EFFONDREMENT DU PONT DE GÊNES, SELON DES SOURCES

MILAN (Reuters) - Le parquet italien a demandé la comparution en justice de 59 personnes physiques et morales pour l'effondrement meurtrier d'un pont à Gênes en 2018, dont l'ancien PDG de l'opérateur Atlantia, Giovanni Castellucci, ont déclaré deux sources judiciaires à Reuters.

L'effondrement de ce pont, exploité par la société Autostrade per l'Italia, filiale d'Atlantia, a fait 43 morts le 14 août 2018 et mis au jour l'état de délabrement des infrastructures publiques en Italie.

Le parquet a également demandé qu'Autostrade, l'unité d'ingénierie de SPEA, autre filiale d'Atlantia, l'ancien patron de SPEA, Antonino Galatà, et d'anciens fonctionnaires du ministère des Transports soient jugés, ont indiqué les sources.

Autostrade et SPEA se sont refusé à tout commentaire. Le ministère des Transports et les avocats représentant Giovanni Castellucci et Antonino Galatà n'avaient pas répondu dans l'immédiat aux demandes de commentaires.

Le tribunal va maintenant fixer une date pour le début des audiences préliminaires, à l'issue desquelles un juge décidera de donner suite ou non à la requête du parquet.

Les responsables d'Autostrade et de SPEA n'auraient pas vérifié correctement l'état du pont et effectué l'entretien nécessaire malgré des problèmes graves qui ont commencé à apparaître quelques années seulement après sa mise en service en 1967, selon un document consulté par Reuters sur les conclusions du parquet.

Les chefs d'accusation retenus sont : homicide, faux et usage de faux, et omission criminelle des précautions nécessaires à la prévention des catastrophes. Des délits passibles d'une peine maximale de 15 ans de prison.

En vertu du droit italien, les entreprises peuvent être tenues responsables des actes de leurs employés.

Les procureurs ont demandé des évaluations et investigations pour dix autres suspects, ont indiqué les sources.

La famille Benetton, qui contrôle Atlantia, a accepté au début du mois de vendre sa participation de 88% dans Autostrade à la Caisse italienne des dépôts (CDP), pour tenter de mettre fin à un conflit avec les pouvoirs publics consécutif à la catastrophe de 2018.

(Reportage Emilio Parodi et Francesca Landini; version française Kate Entringer, édité par Sophie Louet)

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