Italie: Draghi, nouveau président du Conseil, a prêté serment

par Crispian Balmer
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par Crispian Balmer

ROME (Reuters) - Mario Draghi a prêté serment samedi devant le président de la République italienne, prenant officiellement ses fonctions à la tête d'un gouvernement d'union nationale qui devra gérer la double crise sanitaire et économique dans laquelle est plongée le pays.

Tous les grands partis politiques de la péninsule sauf un avaient apporté leur soutien ces derniers jours à l'ancien président de la Banque centrale européenne (BCE).

Le nouveau gouvernement réunit des représentants de l'ensemble du paysage politique italien et des technocrates.

Côté politique, Luigi di Maio, chef de file du Mouvement 5 Etoiles (M5S), conserve le portefeuille des Affaires étrangères, tandis que Giancarlo Giorgetti, haut responsable de la Ligue, est nommé à l'Industrie, et qu'Andrea Orlando, du Parti démocrate, récupère le ministère du Travail.

Côté "techniciens", Luciana Lamorgese reste à la tête du ministère de l'Intérieur, Daniele Franco, numéro deux de la Banque d'Italie, hérite du ministère de l'Economie et Roberto Cingolani, un physicien spécialiste de l'intelligence artificielle, est désigné à la tête d'un nouveau ministère de la Transition écologique.

Au total huit portefeuilles seront détenus par des "techniciens". Les autres ministères ont été répartis entre six partis politiques: quatre pour le M5S, trois pour le Parti démocrate, pour la Ligue et pour Forza Italia et un pour Italia Viva, le petit parti dirigé par Matteo Renzi qui a fait tomber le cabine précédent, comme pour LEU.

MARIO DRAGHI PRÉSENTERA SON PROGRAMME EN MILIEU DE SEMAINE

Draghi, surnommé "Super Mario" depuis son action décisive à la tête de la BCE pour éviter un éclatement de la zone euro lors de la crise de la dette de 2011-2012, devrait rapidement s'atteler à la relance économique en puisant dans les quelque 200 milliards d'euros alloués à l'Italie dans le plan de 750 milliards lancé par l'Union européenne.

L'Italie traverse actuellement sa pire crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale et l'épidémie de COVID-19 continue d'y tuer plusieurs centaines de personnes par jour, alors que la campagne de vaccination est critiquée pour sa lenteur.

A deux ans seulement des prochaines élections législatives, le nouveau chef du gouvernement devra aussi composer avec les divergences profondes entre les partis composant la nouvelle coalition sur des sujets comme l'immigration, la justice ou la protection sociale.

Mario Draghi doit dévoiler son programme au Sénat mercredi et jeudi à la Chambre des députés. Un vote de confiance aura lieu dans chacune des deux chambres du parlement, mais le parti d'extrême droite Fratelli d'Italia étant le seul à s'être déclaré opposé à sa nomination, le nouveau président du Conseil pourrait obtenir la majorité la plus large de l'histoire du pays.

Le gouvernement Draghi est le 67e depuis 1946, et le septième en dix ans.

(Version française Marc Angrand et Jean-Stéphane Brosse)