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Italie: le compagnon de Meloni critiqué pour des propos culpabilisant les femmes victimes de viol

Andrea Giambruno, journaliste et compagnon de la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni, est sous le feu des critiques de la part de l'opposition après avoir conseillé à la télévision aux femmes de ne pas boire pour ne pas risquer d'être violées.

Andrea Giambruno s'exprimait en direct au cours de l'émission d'actualité qu'il anime le lundi sur Rete4, du groupe Mediaset de la famille Berlusconi, une des plus grandes chaînes privées du pays.

Un viol en réunion à Palerme en juillet

Lui et ses invités évoquaient des affaires de violences sexuelles qui ont ému l'Italie ces dernières semaines, dont le viol en réunion début juillet à Palerme d'une jeune femme de 19 ans.

Dans cette affaire, la victime a raconté avoir été contrainte de boire par ses agresseurs. Et sur des images de télésurveillance, on la voit tituber, emmenée par sept jeunes hommes. "Si tu vas danser, tu as parfaitement le droit de t'enivrer, il ne doit y avoir ici aucune espèce ni de malentendu ni de réserve", a commenté Andrea Giambruno.

"Mais si tu évites de t'enivrer et de perdre connaissance, tu évites aussi sans doute certains problèmes et le risque, effectivement, de te jeter dans la gueule du loup", a-t-il ajouté.

Des "insultes infamantes"

Des responsables de l'opposition au gouvernement de droite/extrême droite de Giorgia Meloni ont immédiatement fustigé ces propos.

"J'exprime ma solidarité à la victime du viol de Palerme qui ne peut pas, en plus de ce qu'elle a vécu, subir les insultes infamatantes de ceux qui culpabilisent les victimes", a réagi Elly Schlein, secrétaire nationale du Parti démocrate, premier parti de gauche.

"Combien de temps encore devrons-nous entendre ces absurdités ? Légitimer des violences intolérables comme le viol est une aberration", a également affirmé sur X (ex-Twitter) l'eurodéputée démocrate Alessandra Moretti.

Giambruno dénonce une "instrumentalisation"

L'intéressé a dénoncé "une polémique surréaliste" et "l'instrumentalisation" de ses déclarations. Il a rappelé que lui et ses invités avaient condamné à maintes reprises les auteurs des agressions "abominables", les qualifiant "d'animaux".

Andrea Giambruno a aussi été étrillé par un célèbre confrère, Enrico Mentana, patron du journal télévisé de la chaîne privée concurrente La7. "Si tu sors faire les courses avec ton portefeuille et qu'on te le vole, tu l'auras bien cherché. Si tu es une femme et que tu sors le soir en minijupe et sans soutien-gorge, si tu es encore dehors après minuit, ou si tu bois un verre de trop, ne sois pas surprise si on t'agresse", a-t-il ironisé sur Instagram.

Article original publié sur BFMTV.com