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Israël : la mobilisation contre la réforme de la justice ne faiblit pas

Aéroport international bloqué, visite officielle perturbée, centre de Tel-Aviv envahi par les manifestants : la mobilisation contre la réforme judiciaire en Israël ne faiblit pas, avec ce jeudi une nouvelle "journée nationale de résistance contre la dictature".

Plus de 65 000 personnes manifestent dans l'ensemble du pays à la mi-journée selon une estimation de la chaîne 13 (privée) de la télévision israélienne. Ce chiffre témoigne d'une forte mobilisation à l'échelle de la population israélienne (plus de 9 millions d'habitants).

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en partance pour une visite officielle à Rome, a dû rallier l'aéroport à bord d'un hélicoptère.

Les manifestations ont également contraint le ministre de la Défense américain, Lloyd Austin, à écourter sa visite en Israël.

Arrivé à la mi-journée dans le cadre d'une tournée régionale, Lloyd Austin doit tenir une conférence de presse conjointe avec son homologue Yoav Gallant à 13h30 GMT tout près de l'aéroport Ben-Gourion dont l'accès est bloqué depuis plusieurs heures par des centaines de voitures arborant des drapeaux israéliens.

Les passagers voulant accéder aux aérogares ou en sortir sont contraints de marcher avec leurs valises, selon un photographe de l'AFP sur place.

Dans un concert de klaxons, les manifestants scandent "Démocratie !" et "Liberté !" face à un important dispositif policier.

A Tel-Aviv, des milliers de personnes arborant également le drapeau israélien manifestent dans le centre de la ville, encadrés par des policiers à pied et à cheval. Les manifestants ont notamment bloqué la principale autoroute urbaine.

"Aussi pour vous"

"Nous sommes ici aussi pour vous", chantent les manifestants, certains faisant un cœur avec leurs mains en direction des policiers, selon des journalistes de l'AFP sur place.

JALAA MAREY / AFP
Manifestants à Haïfa, le 9 mars 2023 - JALAA MAREY / AFP

Des centaines de rassemblements sont prévus dans tout le pays à l'appel des organisateurs du mouvement de protestation contre la réforme judiciaire qui ont appelé à manifester et bloquer les routes.

"Le droit d'expression n'est pas la porte ouverte à l'anarchie et ne doit pas perturber la vie des citoyens", a déclaré le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir. "Il est interdit de bloquer les axes de circulation principaux", a-t-il prévenu.

Parmi les plus à droite de l'histoire d'Israël, la coalition mise en place en décembre par M. Netanyahu tente de faire passer une législation qui lui donnerait de fait le pouvoir de nommer les juges et limiterait considérablement les prérogatives de la Cour suprême, notamment dans sa capacité à invalider des lois.

Depuis l'annonce du texte début janvier, des manifestations massives ont eu lieu dans le pays.

Selon ses détracteurs, le texte menace le caractère démocratique de l'Etat d'Israël. Le gouvernement affirme lui que la réforme est nécessaire pour rétablir un rapport de force équilibré entre les élus et une justice "indépendante", mais pas "omnipotente", selon les mots de M. Netanyahu, qui accuse la Cour suprême d'être politisée.

Samedi dernier, plus de 250 000 personnes avaient déjà manifesté dans tout Israël, dont 160 000 rien qu'à Tel-Aviv.