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Israël-Hamas : Warda A., jugée pour ses propos sur un bébé tué dans un four, condamnée à de la prison avec sursis

Warda A. a été condamnée à 10 mois de prison avec sursis le 6 décembre 2023.
Werner Schnell / Getty Images Warda A. a été condamnée à 10 mois de prison avec sursis le 6 décembre 2023.

JUSTICE - Dix mois de prison avec sursis. Voici ce à quoi a été condamnée l’influenceuse Warda A. ce mercredi 6 décembre, après avoir ironisé début novembre dans un post sur son compte Instagram sur la mort d’un bébé israélien en lien avec l’attaque du Hamas du 7 octobre dernier.

À travers la vidéo, Warda A. a « porté un jugement favorable » sur des « événements à caractère terroriste » et sur leurs auteurs, a considéré le tribunal correctionnel, qui l’a condamnée pour « apologie du terrorisme ». La peine est conforme à celle requise par le parquet le 22 novembre.

« Nous allons évidemment faire appel » de cette décision, a commenté l’avocat de la prévenue, Me Ilyacine Maallaoui. « Et si nous devons aller jusqu’à la Cour de cassation, voire des instances européennes, nous le ferons », a-t-il ajouté.

Histoire non confirmée

Dans la vidéo litigieuse, l’influenceuse de 37 ans avait commenté une information rapportée par un secouriste israélien, selon laquelle un bébé avait été placé dans un four par des membres du Hamas lors de l’attaque. Ce récit n’a toutefois pas été confirmé par les autorités israéliennes.

« À chaque fois que je tombe sur l’histoire du bébé qui a été mis dans le four, je me pose la question s’ils ont mis du sel, du poivre (...), du thym ? S’ils l’ont fait revenir à quoi ? », avait lancé dans sa vidéo la trentenaire, qui compte quelque 9 000 « followers ».

Lors de son procès, elle avait reconnu s’être exprimée avec « un peu d’ironie » et avoir été « maladroite », mais avait réfuté toute intention de « provocation ». Elle avait expliqué ne pas croire qu’un bébé ait pu être placé dans un four, et qu’elle avait seulement voulu dénoncer une « propagande » et une « manipulation des médias ».

Outre sa peine de prison, assortie d’un sursis probatoire pendant 24 mois, la prévenue devra suivre un « stage de citoyenneté » pour s’imprégner des « valeurs de la République », a décidé le tribunal.

« Paroles infâmes »

Elle devra, en outre, verser 1 000 euros d’indemnisation et 500 euros de frais de procédure à chacune des six associations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme dont le tribunal a retenu la constitution de partie civile.

Leurs avocats s’étaient relayés à l’audience pour fustiger les « paroles infâmes », la « mauvaise foi » et la « désinvolture » de l’instagrameuse.

Le tribunal a, en revanche, rejeté la constitution de partie civile du député (apparenté LR) Meyer Habib, proche du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et venu témoigner de son émoi à la barre en novembre. Au-delà de l’« émotion » qu’il a pu ressentir en visionnant la vidéo, Meyer Habib ne peut se prévaloir d’aucun « préjudice personnel », a estimé le tribunal.

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