Israël accentue ses frappes à Gaza privé d'électricité

par Nidal al-Mughrabi et Dan Williams
Quelques heures après avoir endommagé la seule centrale électrique de la bande de Gaza, les forces israéliennes ont poursuivi leurs pilonnages dans la nuit de mardi à mercredi, tuant au moins 43 Palestiniens et faisant de nombreux blessés. La bande de Gaza a connu mardi des bombardements israéliens parmi les plus violents depuis le début de l'opération "Bordure protectrice" le 8 juillet, déclenchée en riposte aux tirs de roquettes venant de ce territoire. /Photo prise le 29 juillet 2014/REUTERS/Baz Ratner

par Nidal al-Mughrabi et Dan Williams

GAZA/JERUSALEM (Reuters) - Quelques heures après avoir endommagé la seule centrale électrique de la bande de Gaza, les forces israéliennes ont poursuivi leurs pilonnages dans la nuit de mardi à mercredi, tuant au moins 43 Palestiniens et faisant de nombreux blessés.

Vingt Palestiniens ont péri ainsi dans une école de l'Onu à Djebalia dans le nord du territoire, a déclaré le ministère gazaoui de la Santé.

Des médiateurs égyptiens ont préparé une nouvelle mouture d'une initiative destinée à obtenir un arrêt des combats, et selon la deuxième chaîne de télévision israélienne, des progrès ont été réalisés dans cette optique au Caire, où était attendue une délégation palestinienne.

Le cabinet de sécurité israélien doit se réunir à nouveau, ce mercredi, pour évaluer la situation et envisager les prochaines mesures.

La bande de Gaza a connu mardi des bombardements israéliens parmi les plus violents depuis le début de l'opération "Bordure protectrice" le 8 juillet, déclenchée en riposte aux tirs de roquettes venant de ce territoire.

En prenant en compte les pilonnages de la nuit de mardi à mercredi, le bilan côté palestinien s'élève à 1.245 morts, pour la plupart des civils, depuis le début des hostilités, déclarent les responsables médicaux de la bande de Gaza. Côté israélien, 53 soldats ont péri, et trois civils ont trouvé la mort en Israël.

Une épaisse fumée s'est élevée mardi des citernes de carburant de la centrale électrique qui fournit les deux tiers des besoins en énergie de la bande de Gaza. Selon des responsables palestiniens, elle risque de rester hors d'usage pendant un an.

La ville de Gaza et de nombreux autres endroits du territoire, contrôlé par le Hamas, sont privés d'électricité depuis le pilonnage par les Israéliens des réservoirs attenants, qui contenaient trois millions de litres de mazout.

"POINT DE RUPTURE"

Conséquence des dégâts infligés à la centrale, de nombreuses pompes à eau pourraient cesser de fonctionner, dit la municipalité de Gaza, qui appelle la population à économiser l'eau. Le sud de la bande de Gaza est alimenté pour partie en électricité par l'Egypte.

Les activistes palestiniens ont poursuivi leurs tirs mardi, envoyant 54 roquettes vers le sud et le centre d'Israël, y compris dans le secteur de Tel Aviv et de Jérusalem, et cinq d'entre elles ont été interceptées par le "Dôme de fer" israélien, les autres chutant sur des terrains vagues.

De son côté, l'agence onusienne UNRWA, chargée de la question des réfugiés palestiniens, a dit avoir découvert une cache de roquettes dans une de ses écoles dans la bande de Gaza.

L'UNRWA a déclaré en être à un "point de rupture", 200.000 Palestiniens ayant trouvé refuge dans ses écoles et locaux à la suite des appels lancés aux civils par Israël pour évacuer des quartiers entiers avant des opérations militaires.

Tsahal dit avoir abattu mardi cinq activistes qui s'étaient introduits en Israël par un tunnel, et avoir frappé durant la même journée 110 cibles de la bande de Gaza, dont quatre caches d'armes situées dans des mosquées, ainsi qu'un lance-roquettes installé lui aussi dans une mosquée.

Le Hamas a annoncé que les locaux de ses médias audiovisuels, la chaîne Al Aksa et la station de radio Al Aksa, avaient été bombardés. La radio a cessé d'émettre, ce qui n'a pas été le cas de la télévision.

Pour tenter de remonter le moral des Palestiniens et saper celui d'Israël, la chaîne du Hamas a diffusé des images où l'on voit des combattants passant lundi par un tunnel pour attaquer un mirador israélien. On voit les djihadistes surprenant une sentinelle israélienne et prenant le contrôle du mirador.

AMBASSADEURS DU CHILI ET DU PÉROU RAPPELÉS

Mohamed Deïf, chef de la branche armée du Hamas, a déclaré dans un message audio accompagnant la diffusion de ces images que les Palestiniens continueraient d'attaquer Israël jusqu'à ce que le blocus de la bande de Gaza, exercé avec l'assentiment de l'Egypte, soit levé.

Israël ne veut pas lever le blocus de Gaza dans le cadre d'un accord de désescalade tant que le désarmement du Hamas n'aura pas été garanti.

L'Egypte a fait savoir qu'elle préparait une nouvelle mouture de son initiative de trêve inconditionnelle qu'Israël avait acceptée à l'origine mais que le Hamas a rejetée. La nouvelle proposition devait être soumise à une délégation palestinienne attendue au Caire.

L'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas s'est déclarée mardi favorable à une trêve de 24 à 72 heures, et a dit mener des tractations avec le Hamas et le Djihad islamique. Le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri, a contesté cette déclaration mais confirmé que des "contacts intenses" étaient en cours sur une trêve.

Enfin, deux pays, le Chili et le Pérou, ont annoncé le rappel de leurs ambassadeurs en poste en Israël.

"Le Chili, vivement préoccupé et découragé, observe que les opérations militaires - qui à ce stade ont tout l'air d'une punition collective contre la population civile palestinienne de Gaza - ne respectent pas les normes fondamentales du droit humanitaire international", a estimé le ministère chilien des Affaires étrangères.

Membre non permanent du Conseil de sécurité, le Chili compte l'une des communautés palestiniennes les plus importantes au monde en dehors du Proche-Orient, ainsi qu'une communauté juive non négligeable.

(Eric Faye pour le service français)

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