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Irlande du Nord : Michelle O’Neill, issue du Sinn Fein, devient la première républicaine Première ministre

C’est la première fois qu’un membre du Sinn Fein, parti politique républicain favorable à la réunification de l’Irlande, prend en main le gouvernement local.
PAUL FAITH / AFP C’est la première fois qu’un membre du Sinn Fein, parti politique républicain favorable à la réunification de l’Irlande, prend en main le gouvernement local.

INTERNATIONAL - Premier coup de tonnerre pour la reprise du processus parlementaire. En Irlande du Nord, un événement politique majeur est venu mettre un terme à deux ans de blocage du Parlement avec l’élection de Michelle O’Neill, toute première républicaine à prendre la tête du gouvernement nord-irlandais.

Ce samedi 3 février, la cheffe de file du Sinn Fein nord-irlandais, qui était autrefois la vitrine politique de l’IRA (Armée républicaine irlandaise), a été désignée Première ministre après le redémarrage des institutions de la province britannique. Elles étaient à l’arrêt depuis maintenant deux ans, en raison du boycott des unionistes du Democratic Unionist Party (DUP) pour s’opposer aux dispositions commerciales post-Brexit qu’ils dénonçaient comme une menace pour la place de l’Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni.

C’est d’ailleurs une unioniste, Emma Little-Pengelly qui a été choisie comme vice-Première ministre par le Parlement de Stormont, à Belfast. Une décision liée à la co-gouvernance issue des accords du Vendredi saint de 1998, qui avaient mis un terme aux fameux « Troubles ».

« Bâtir un avenir meilleur »

Ce basculement sans précédent pour l’Irlande du Nord, meurtrie par trois décennies de conflit sanglant (3 500 morts) a d’ailleurs été salué comme « un jour historique » et une « nouvelle ère » par Michelle O’Neill, favorable à l’unification de l’Irlande.

Devant les élus, elle a également promis une assemblée « pour tous », soulignant qu’il était « inimaginable pour la génération de (ses) parents » qu’un nationaliste dirige l’exécutif nord-irlandais.

Âgée de 47 ans, la figure du Sinn Fein n’a pas manqué de rappeler le lourd passé historique de la province britannique. « Je suis désolée pour toutes les vies perdues pendant le conflit, sans exception », a-t-elle déclaré, avant d’évoquer le travail de réconciliation, encore fragile : « on ne peut pas changer le passé », mais « on peut bâtir un avenir meilleur ».

Victoire pour le Sinn Fein

Ce jour historique l’est aussi pour son parti, le Sinn Fein. La formation politique qui prône une réunification de la république d’Irlande de l’Irlande du Nord était arrivée en tête des élections de mai 2022, un basculement inédit pour le parti politique qui se concrétise enfin.

Car après des mois de négociations avec le gouvernement britannique, le DUP a mis fin à son boycott cette semaine. Celui-ci entraînait la paralysie de l’Assemblée et de l’exécutif local, où le pouvoir est partagé entre les unionistes et les républicains. De quoi priver la nouvelle Première ministre de son poste jusqu’à ce samedi.

Mary Lou McDonald, cheffe du Sinn Fein pour toute l’île d’Irlande n’a pas manqué de rappeler ce tournant politique majeur : « C’est une victoire pour tout le monde aujourd’hui, la démonstration que l’égalité et l’inclusion sont à l’ordre du jour ». Le gouvernement nord-irlandais ne « pouvait pas être entre de meilleures mains », a-t-elle également glissé lors l’arrivée de Michelle O’Neill au Parlement.

Le gouvernement local, compétent dans des domaines comme le logement, la santé, l’emploi, l’agriculture et l’environnement doit maintenant être constitué. Depuis deux ans, c’est Londres qui gérait les affaires courantes, source supplémentaire d’exaspération pour la population. Le redémarrage des institutions nord-irlandaises va aussi permettre le déblocage par Londres de 3,3 milliards de livres sterling (environ 3,9 milliards d’euros) pour soutenir les services publics, récemment touchés par une grève d’ampleur.

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