Iran-États-Unis : des manifestants célèbrent la défaite iranienne en Coupe du monde

Considérée comme un outil de propagande du régime iranien, la Team Melli, battue 0-1 par les États-Unis ne disputera pas les huitièmes de finale du Mondial-2022.

COUPE DU MONDE - Une défaite au goût de victoire pour des milliers d’Iraniens en pleine révolte. Des manifestants dans le Kurdistan iranien ont tiré ce mardi 29 novembre des feux d’artifice pour célébrer la défaite de l’équipe d’Iran durant la coupe du Monde face aux États-Unis (0-1), l’ennemi juré de la République islamique, selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux.

« Les citoyens de Saqez ont commencé à tirer des feux d’artifice après le premier but des États-Unis contre l’équipe de football iranienne », a publié sur Twitter le site Web Iran Wire basé à Londres. Le site a partagé une vidéo montrant des feux d’artifice avec des cris de joie en arrière-plan.

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Scènes de liesse à travers l’Iran

Une autre vidéo nocturne de l’activiste kurde Kaveh Ghoreishi a montré un quartier dans la ville de Sanandaj avec des acclamations et des coups de klaxon après que les États-Unis ont marqué le seul but de cette rencontre. Des feux d’artifice ont également été tirés à Mahabad, une autre ville du Kurdistan, après la défaite de l’Iran, selon des vidéos partagées sur internet.

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Le groupe de défense des droits humains Hengaw, basé en Norvège, a déclaré que les automobilistes iraniens avaient célébré la victoire américaine en klaxonnant à Mahabad. Selon cette organisation, des feux d’artifice ont également illuminé le ciel de Marivan, une autre ville de la province du Kurdistan où les forces de sécurité ont mené ces derniers jours une répression sévère contre les manifestants.

Des feux d’artifice et des cris de joie ont également été entendus à Paveh et Sarpol-e Zahab, dans la province de Kermanshah, selon la même source. « Qui aurait jamais pensé que je me réjouirai du but de l’Amérique ! », a tweeté le journaliste de jeu iranien Saeed Zafarany après la défaite de son pays.

La podcasteuse Elahe Khosravi a également tweeté : « Ils ont perdu face au peuple, à l’adversaire et même » face au gouvernement. « Ils ont perdu. Sur le terrain et en dehors », a également tweeté le journaliste iranien Amir Ebtehaj.

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La victoire des États-Unis a exclu l’Iran de la Coupe du monde. « Et le cirque de l’équipe de football de la République islamique est terminé », a tweeté l’ancien journaliste Hamid Jafari.

Entre soutien et défiance du régime

Fortement critiquée pour ses liens avec le régime iranien, l’équipe de football iranienne avait pourtant débuté la compétition en s’abstenant de chanter son hymne. Un geste fort, mais qui n’avait pas été reproduit lors des rencontres suivantes de la Team Melli au Qatar.

Selon CNN, les familles des joueurs de la sélection iranienne ont été menacées d’emprisonnement et de torture si les membres de la Team Melli apportaient leur soutien aux manifestants contre le régime.

Ces cris de joie interviennent par ailleurs alors que la première victoire iranienne, contre le Pays de Galles vendredi, avait permis à 709 détenus arrêtés lors des récentes manifestations d’être libérés de différentes prisons d’Iran. Une manœuvre qui n’a pas aidé l’image de la sélection nationale iranienne, utilisée par le régime à des fins politiques.

Les autorités iraniennes maintiennent en effet un lourd dispositif de sécurité dans le pays contre ce qu’elles qualifient d’« émeutes » qui ont éclaté après la mort d’une femme kurde de 22 ans, Mahsa Amini, le 16 septembre, trois jours après son arrestation pour avoir prétendument enfreint le code vestimentaire iranien obligatoire pour les femmes. Sa ville natale de Saqez, ainsi que d’autres villes de la province occidentale du Kurdistan, sont d’ailleurs des foyers de protestations contre le régime clérical.

Selon le groupe Iran Human Rights basé à Oslo, au moins 448 personnes ont été tuées par les forces de sécurité iraniennes lors d’une répression qui dure depuis plus de deux mois.

VIDÉO - Iran : ils résistent face à la répresion

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