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En Irak, un plan de reboisement loin d’être à la hauteur des enjeux

Avec des températures en hausse et des précipitations en baisse, l’Irak, dont 39 % du territoire est touché par la désertification, est considéré comme l’un des pays du monde les plus affectés par le changement climatique, comme en témoigne la dizaine de tempêtes de sable qui ont balayé le pays au printemps dernier.

C’est dans ce contexte que le Premier ministre irakien, Mohammed Chia Al-Soudani, a annoncé, dimanche 12 mars, “le lancement d’une importante initiative de reboisement, pour planter 5 millions d’arbres et de palmiers”, lors d’une conférence consacrée au climat à Bassora, grande ville portuaire du sud du pays.

Un plan largement insuffisant pour Adel Al-Moukhtar, expert agricole et environnemental irakien interrogé par le site irakien indépendant Al-Alam Al-Jadid :

“Ce chiffre [de 5 millions d’arbres] n’est rien comparé à ce dont l’Irak a besoin. Le pays a besoin de 14 milliards d’arbres et de palmiers pour construire une ceinture verte et pouvoir lutter vraiment contre les tempêtes de poussière et enrayer la désertification.”

Au fil des ans, les ceintures vertes et les palmeraies qui existaient dans le pays ont été délaissées au profit d’une urbanisation et d’une bétonnisation galopantes. Et depuis des années, les autorités irakiennes élaborent des projets de création de ceintures vertes autour des villes comme brise-vent face aux tempêtes. Mais elles n’ont jamais été mises en œuvre.

Comment les irriguer ?

De surcroît, poursuit Al-Moukhtar, planter 5 millions d’arbres et de palmiers “à la lumière de la grande sécheresse que connaît l’Irak n’est pas possible”, notamment parce que “la situation de l’eau dans le pays est très critique”.

En plus d’un gaspillage endémique de l’eau à cause de la vétusté du système d’irrigation, le pays souffre d’une baisse alarmante du niveau de ses deux fleuves, le Tigre et l’Euphrate, et de celui des marais du Sud-Est, à cause des barrages construits en amont en Turquie et en Iran.

Ces dernières années, a souligné le Premier ministre irakien lors de la conférence, “plus de 7 millions de citoyens ont été affectés” par la sécheresse qui a provoqué le déplacement de “centaines de milliers de personnes qui ont perdu leur gagne-pain dépendant de l’agriculture et de la pêche”.

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