INTERVIEW. "La santé est la raison ultime de lutter contre le réchauffement"

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C'est inédit dans l'édition scientifique : en septembre, 19 rédacteurs en chef des plus prestigieuses revues scientifiques médicales au monde ont signé un éditorial commun pour rappeler que l'urgence climatique est aussi, et peut-être avant tout, une urgence de santé publique mondiale.

Cet article est issu du magazine Sciences et Avenir - La Recherche n°897 daté novembre 2021.

Mathilde Pascal est épidémiologiste, chargée de projet "Changement climatique et santé" à Santé publique France.

Sciences et Avenir : Que retenir de cet appel ?

Mathilde Pascal : Que la raison ultime de tous les efforts attendus pour lutter contre le réchauffement, c'est la santé, voire la survie. La santé publique est un thème qui peine à émerger dans le champ du changement climatique. Là, il faut espérer que le nombre et le prestige des signataires conduisent à une prise de conscience, c'est un texte important.

Les conséquences sur la santé sont-elles déjà mesurables ?

Oui, et de façon de plus en plus précise. L'exemple le plus frappant en France, c'est la mortalité liée à la multiplication des vagues de chaleur. On compte 39.000 décès depuis 1970. La canicule de 2003 (près de 20.000 morts) peut être placée un peu à part pour sa durée et son intensité exceptionnelles. Mais depuis 2004, il y a eu presque 10.000 morts, dont 80 % lors des cinq dernières années. Alors même que c'est après 2003, justement, que beaucoup a été fait pour sensibiliser aux risques, protéger les plus vulnérables, etc.

Et dans le monde ?

Entre 1990 et 2018, environ 37 % des décès dus à la chaleur sont déjà attribuables au réchauffement climatique. C'est ce qu'a montré une vaste étude publiée en juin dans Nature Climate Change. Ce qui se traduit par environ 100.000 morts par an. À quoi s'ajoutent les effets indirects plus difficiles à quantifier.

Quels sont les autres effets sanitaires du changement climatique ?

La pollution de l'air est responsable à elle seule d'environ 7 millions de morts prématurées par an dans le monde selon l'Organisation mondiale de la santé. Mais tous les types d'événements climatiques extrêmes (inondations, cyclones, incendies, etc.) ont des impacts de différentes natures : victimes, blessés, interruption d'accès aux soins ou à l'eau potable… En septembre, une grande étude dan[...]

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