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Interdit de concert à Rennes, le rappeur Freeze Corleone obtient gain de cause devant la justice

Interdit de concert à Rennes, le rappeur Freeze Corleone obtient gain de cause devant la justice
Le rappeur Freeze Corleone - Capture d'écran Youtube / Colors
Le rappeur Freeze Corleone - Capture d'écran Youtube / Colors

Bonne nouvelle pour les fans de Freeze Corleone. Interdit de se produire au festival Boomin, le 18 mars prochain par la ville de Rennes qui craint "un risque avéré de trouble à l'ordre public" en raison notamment de paroles "jugées antisémites", le rappeur a saisi la justice et a obtenu gain de cause.

Vendredi soir, le tribunal administratif de Rennes a ordonné la suspension de l'arrêté municipal pris le 28 février par la mairie de la ville. Ainsi, le concert de Freeze Corleone pourra bel et bien avoir lieu lors du festival Boomin. La Ville va toutefois faire un recours auprès du Conseil d'Etat, comme le précise la municipalité.

Sont également attendus sur la scène du festival les rappeurs B.B Jacques, J9ueve ou encore NeS.

"Le tribunal s’est basé sur le fait que le caractère illégal des propos de certaines chansons de mon client n’a pas été reconnu par la justice", explique Adrien Chartron, avocat de Freeze Corleone dans les colonnes du journal Le Télégramme.

"Risque avéré de trouble à l'ordre public à craindre"

Pour justifier l'annulation du concert de Freeze Corleone, la maire PS de Rennes Nathalie Appéré avançait notamment dans son arrêté que certaines paroles de l’artiste, jugées antisémites et négationnistes, avaient été épinglées par la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme il y a trois ans.

"De tels propos sont de nature à très fortement exacerber les tensions déjà vives entre différents groupuscules politiques extrêmes présents à Rennes", avait souligné l'élue.

Notant que "la programmation de ce concert suscite déjà de nombreux débats et réactions au sein de la population locale", la maire de Rennes considère "qu'un risque avéré de trouble à l'ordre public est dans cette période à craindre".

Dans son arrêté, la mairie expliquait également avoir été sollicitée par la délégation bretonne du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) pour interdire le spectacle. Freeze Corleone avait alors saisi la tribunal administratif par le biais de son avocat.

Enquête classée sans suite

En 2020, lors de la sortie de son premier album, La Menace Fantôme - en référence à Star Wars - salué par le public rap et certifié double disque de platine, Freeze Corleone a fait l'objet d'accusations d'antisémistime de la part de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme pour certaines de ses chansons.

L'association avait notamment compilé sur les réseaux plusieurs extraits de clips du rappeurs dans lesquels il déclarait entre autres: "J'arrive déterminé comme Adolf dans les années 30", "tous les jours RAF (rien à foutre, ndlr) de la Shoah" ou bien encore "comme des banquiers suisses, tout pour la famille pour que mes enfants vivent comme des rentiers juifs".

Cette polémique avait fait réagir plusieurs députés de la majorité dont Gérald Darmanin, à l'époque ministre de l'Intérieur, et une enquête pour "provocation à la haine raciale" et "injure à caractère raciste" avait été ouverte par le parquet de Paris en septembre 2020, avant d'être classée sans suite un an plus tard.

En conséquence, Freeze Corleone avait été laché par son label, Universal, et plusieurs morceaux du rappeur avaient été retirés temporairement de certaines plateformes, comme YouTube ou Deezer.

Article original publié sur BFMTV.com