Insultes sexistes contre la députée Mathilde Panot: Richard Ferrand ne "laissera rien passer"

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Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, le 20 novembre 2020 à Paris - Sebastien SALOM-GOMIS © 2019 AFP
Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, le 20 novembre 2020 à Paris - Sebastien SALOM-GOMIS © 2019 AFP

C'est un communiqué laconique mais qui se veut déterminé. Sollicité la veille par la député insoumise élue dans le Val-de-Marne, Mathilde Panot, afin qu'il sanctionne les parlementaires auteurs dans la soirée de mardi d'insultes sexistes à son encontre, le président de l'Assemblée nationale a publié un communiqué ce jeudi matin.

Rendez-vous est fixé

"Le président de l’Assemblée nationale condamne fermement les propos tenus en séance publique à l’encontre de la députée Mathilde Panot. Le sexisme n’a pas sa place dans notre société, encore moins dans l’expression d’un élu de la République, au sein même de l’hémicycle", écrit ainsi le cabinet de Richard Ferrand.

"Décidé à ne rien laisser passer, le président de l’Assemblée nationale évoquera ce sujet lors de la prochaine conférence des présidents qui se tiendra mardi 9 février", s'achève ensuite le texte, qui ne s'engage pas explicitement à sanctionner les intéressés.

"L'Assemblée s'est illustrée par son sexisme"

Ce document et cette promesse répondent donc à la lettre adressée la veille par Mathilde Panot à Richard Ferrand. Elle y revient d'abord sur les faits survenus lors de la séance nocturne de mardi, dédiée au débat autour de la prorogation de l'état d'urgence sanitaire.

Alors qu'on lui donne la parole, deux insultes volent depuis les bancs de La République en Marche, proférées par deux députés: "C'est une folle" et "la poissonnière". Alexis Corbière, son confère insoumis élu en Seine-Saint-Denis, et Danièle Obono, élue à Paris, signalent alors ces quolibets au vice-président de l'Assemblée nationale David Habib, qui dirige alors la séance et assure n'avoir rien entendu. Les propos sont toutefois parfaitement audibles dans la captation vidéo des discussions.

Elle raconte de surcroît la suite de la soirée dans sa missive: "Alors que j’effectue un rappel au règlement pour fait personnel, le président de séance me coupe après moins d’une minute sans me laisser finir et m’appelle par trois fois Madame Batho, ignorant mes reprises sur mon nom".

"Il faut dire que ce soir-là, l’Assemblée nationale s’est illustrée par son sexisme", observe Mathilde Panot à l'attention de Richard Ferrand.

Un pudique mais "vif brouhaha"

"Le sexisme, nous le subissons, en tant que femmes quotidiennement dans la société, avec des insultes et des remarques, sur notre physique, notre poids, notre façon de nous habiller, de nous tenir, de manger. Toutes, nous subissons ce sexisme ordinaire. Nous sommes jugées, insultées, moquées, parce que nous sommes des femmes", poursuit-elle.

Elle demande alors que des sanctions soient prises regardant les députés fautifs: "Je demande donc solennellement une sanction à l’encontre de Monsieur Pierre Henriet (député élu en Vendée, NDLR), auteur de 'la poissonnière' et une identification sans délai de l’auteur de 'c’est une folle'".

La parlementaire s'émeut d'une dernière chose: "En outre, j'apprends que ces insultes ne figureront pas au compte rendu de la séance alors qu'elles ont été largement audibles tant dans l'hémicycle que dans les vidéos de l'Assemblée". Dans le compte-rendu officielle de la séance, il n'y a pour toute mention que celle-ci: "Exclamations diverses et vif brouhaha sur de nombreux bancs". La retranscription porte en revanche trace de la confusion des noms opérée plus tard par David Habib.

Pierre Henriet réagit

Avant Richard Ferrand, Pierre Henriet avait réagi. Le député ayant traité Mathilde Panot de "poissonnière" a présenté mercredi sur Twitter des excuses pour le moins paradoxales:

"Mathilde Panot passe son temps à vociférer à la tribune et à couper la parole. J’étais excédé et mon propos n'est en rien une injure encore moins sexiste, c’est une expression pour dénoncer son comportement comme je le fais aussi pour ses collègues masculins. Si elle se sent à tort insultée, je la prie de bien vouloir m'excuser. Au passage, je remercie ses camarades insoumis pour les centaines d'insultes dont ils me couvrent - de quel côté donc est le mépris ?"

La séquence n'est décidément pas à son avantage. Toujours sur Twitter, un militant insoumis a ironisé sur son manque d'assiduité à l'Assemblée nationale, après avoir fait un tour sur le site Nosdéputés.fr, qui tient les comptes des heures passées par chacun dans l'hémicycle comme en commission.

Article original publié sur BFMTV.com

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