Insultes, références nazies... Une députée raconte les techniques de harcèlement du groupe antivax "ViVi"

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Deux hommes et six femmes, appartenant à un groupe antivax, sont soupçonnés d'être les auteurs de centaines de messages en ligne.

Huit membres d'un groupe antivax ont été arrêtés mardi, dans le Finistère, les Hauts-de-Seine, la Moselle, la Seine-et-Marne et le Rhône. Ils sont soupçonnés d'être les auteurs de centaines de messages de haine sur les réseaux sociaux, visant plusieurs personnes, et comparaitront dans les jours à venir à Paris pour harcèlement moral en ligne.

Il s'agit de deux hommes et de six femmes, âgés de 40 à 54 ans, apparemment sans antécédent judiciaire, et tous membres du groupe anti-vaccin "VV" (ou encore "ViVi" ou "V_V"). Cette mouvance rassemblerait plus de 20.000 participants à travers le monde.

"600 commentaires en deux, trois heures"

Parmi les victimes du harcèlement en ligne attribué à ce groupe, la sénatrice PS de Charente Nicole Bonnefoy, un médecin du CHU d'Amiens (Somme) et Isabelle Rauch, députée LaREM de Moselle.

Le 12 mars 2021 la députée raconte à BFMTV avoir reçu une vague de harcèlement après la publication d'un message en faveur des tests et des masques pour les enfants sur sa page Facebook. Un déchainement d'insultes, et parfois de références nazies, suit dans les commentaires.

"Sur une publication il y a eu environ 600 commentaires en deux, trois heures", raconte Isabelle Rauch.

"Moi et mon équipe on s'est rendu compte que c'était des vraies personnes qui étaient derrière les commentaires, qui faisaient l'effort de créer un profil, ou de modifier un profil pour aller mettre des injures, des insultes..."

Un copier-coller de commentaires

Une certaine méthode est employée par ce groupe : un administrateur partage sur un groupe Télégram une publication à cibler sur les réseaux sociaux, il met ensuite un modèle de commentaires, repris ensuite en boucle par les membres. Sous des publications, on peut ainsi voir apparaître des dizaines de messages parfois parfaitement identiques, publiés dans un laps de temps très court.

"Ils n'ont même pas à réfléchir en réalité, ils ont juste à cliquer sur le lien, à copier les messages que les administrateurs leur disent d'envoyer et à les coller", explique à notre antenne un informaticien qui a infiltré ce réseau.

Le harcèlement, lorsqu'il est commis en ligne ou via un support numérique, est puni de deux ans de prison et 30.000 euros d'amende, selon l'article 222-33-2-2 du Code Pénal. La peine peut monter à trois ans et 45.000 euros d'amende avec certaines circonstances aggravantes.

Article original publié sur BFMTV.com

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