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Les instituts catholiques adoptent des "bonnes pratiques" pour prévenir les violences sexuelles

Audits externes, indépendance des cellules d'accueil ou encore "cartographie des risques": les instituts religieux catholiques ont voté jeudi plusieurs mesures destinées à prévenir les violences sexuelles en leur sein.

Pendant trois jours, quelque 250 supérieurs (responsables) de congrégations de la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref) ont examiné les analyses de cinq groupes de travail qui ont planché pendant 18 mois sur plusieurs thèmes: gouvernance, traitement des plaintes pour agressions sexuelles, vocation, formation initiale et continue des moines, moniales, frères, soeurs, etc...

Des audits externes

Une centaine de "bonnes pratiques et de préconisations" ont été soumises au vote de l'assemblée, laquelle les a approuvées "très, très largement", s'est félicitée devant la presse Véronique Margron, présidente de la Corref, à l'issue du vote.

Parmi celles-ci, on peut citer "la mise en place d'audits externes (...) confiés à des professionnels" ou "religieux ou religieuses extérieurs" à la congrégation.

Les congrégations sont aussi invitées à établir et mettre à jour "régulièrement une analyse spécifique des risques que génèrent leurs missions, en tenant compte de différents paramètres : nature (...) de l'institut, lieux (centres d'accueil, hôtelleries, parloirs...), missions (éducation et enseignement, sanitaire et social, accompagnement spirituel, confession...), mode de vie".

Les supérieurs réunis ont par ailleurs voté pour que "les cellules d'accueil et d'écoute" des victimes soient "confiées à des personnes indépendantes et compétentes, à des laïcs ainsi éventuellement".

Établir une culture commune de veille et de prévention

Autre décision: assurer "une juste publicité des sanctions définitives" lorsqu'un religieux fait l'objet d'une sanction canonique. "Les personnes victimes en seront personnellement informées".

Autre exemple de mesures: que "le supérieur religieux ne soit pas le confesseur régulier des membres de son institut" ou encore abolir l'"euphémisation" des termes utilisés lorsqu'il y a une agression.

"Il revient maintenant aux instituts religieux de se saisir" de ces questions "pour que les communautés élaborent peu à peu une culture commune de veille et de prévention", a déclaré Mme Margron dans un communiqué.

La Corref, qui comprend environ 400 instituts et congrégations, n'a toutefois pas de pouvoir coercitif. Ce processus fait suite à la publication en octobre 2021 du rapport Sauvé qui avait révélé l'ampleur de la pédocriminalité dans l'Eglise depuis 1950.

Article original publié sur BFMTV.com