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Les infections sexuellement transmissibles encore en nette augmentation en Europe

Les infections sexuellement transmissibles encore en nette augmentation en Europe
Rodolfo Parulan Jr. / Getty Images Les infections sexuellement transmissibles encore en nette augmentation en Europe

SANTÉ - La bataille est en train d’être perdue. Les cas d’infections sexuellement transmissibles (IST) en Europe sont, à nouveau, en très nette augmentation : en 2022, les cas de blennorragie (ou gonorrhée) diagnostiqués augmentaient ainsi de 48 % par rapport à l’année précédente, la syphilis de 34 %, la chlamydiose de 16 %. Ces chiffres, publiés ce jeudi 7 mars par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), soulignent une tendance alarmante.

Annoncer une IST à ses partenaires, un moment difficile mais nécessaire

Ce n’est en effet pas nouveau sur le Vieux continent : de 2012 à 2019, puis à nouveau depuis 2021 (avec une pause due aux effets de la pandémie de Covid), des IST, appelées aussi MST, que l’on croyait largement sous contrôle, on refait leur apparition au point d’atteindre aujourd’hui des chiffres significatifs. Les cas de blennorragies, par exemple, ont atteint 70 000 en 2022, un nombre que l’on ne connaissait pas au XXIe siècle, et la France n’est pas épargnée. Que se passe-t-il ?

Partenaires multiples et baisse de vigilance

Pour l’ECDC, le problème vient avant tout de la prévention. « L’éducation et la sensibilisation sont des éléments vitaux dans la capacité des individus à faire des choix informés », recommande ainsi Andrea Ammon, directeur de l’institution. Il faut dire que les personnes les plus touchées par cette hausse sont les jeunes, le plus souvent entre 20 et 24 ans. Les femmes sont en général légèrement plus touchées par ces IST que les hommes, à part dans le cas de la syphilis, où les hommes infectés sont largement majoritaires (et un peu plus âgés, entre 25 et 34 ans).

Cette tendance à la remontée depuis les années 2000 ne peut se comprendre, d’après les analyses du phénomène, qu’à la baisse de l’usage du préservatif, dans un contexte de baisse du risque de contracter le VIH. Avec cette protection enlevée, des maladies moins graves et largement oubliées, y compris dans les cours d’éducation sexuelle, ont recommencé à circuler.

Mais ce n’est pas tout, et de nombreuses études mettent en avant le caractère multifactoriel, donc d’autant plus complexe à contrer, du phénomène. En 2019 déjà, l’université de Cambridge ajoutait à une protection moindre la tendance à multiplier les partenaires chez les générations sexuellement actives, alors que ces rencontres devraient inciter à une prudence renouvelée.

Si ces maladies sont souvent ignorées, c’est que leur dangerosité est considérée, parfois à tort, comme moindre par rapport à d’autres. Or s’il est vrai que certaines IST comme la chlamydiose sont asymptomatiques, elles n’en présentent pas moins de graves dangers. Comme cette dernière infection, la syphilis peut être passée par la femme enceinte à son fœtus et occasionner des complications, des naissances prématurées, ou l’infection du bébé.

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