Indre-et-Loire: un naturopathe mis en examen pour homicide involontaire

(photo d'illustration) - Denis Charlet
(photo d'illustration) - Denis Charlet

Éric Gandon, un naturopathe d'Indre-et-Loire, a été mis en examen ce jeudi des chefs d'homicide involontaire, abus de faiblesse, mise en danger de la vie d'autrui et exercice illégal des professions de médecin et pharmacien, a indiqué le procureur de la République de Tours dans un communiqué.

Les faits sont survenus de juillet 2020 à janvier 2023. Éric Gandon, 58 ans, louait un château de la commune de Noyant-de-Touraine (Indre-et-Loire) dans lequel il organisait des stages de jeûne prolongé consistant à ne pas absorber d'aliments solides durant une à plusieurs semaines.

"Ces stages facturés plusieurs centaines, voire milliers d'euros, sans prise en charge des frais d'hébergement, mettaient en présence constante une vingtaine de participants, sur des durées de 1 à 6 semaines", a précisé le procureur Grégoire Dulin.

Cinq victimes identifiées par l'OCRVP

Or, à la suite du décès d'une femme de 44 ans en août 2021, une information judiciaire a été ouverte et les stages en cours suspendus par la préfecture.

L'enquête, confiée à l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), avait alors permis d'identifier "quatre autres victimes, dont deux décédées depuis, et de recueillir des dépôts de plainte concernant les stages organisés par Éric Gandon".

Les victimes présumées souffraient généralement de maladies graves et participaient aux stages d'Éric Gandon, dont les méthodes n'étaient reconnues par aucune institution publique ou autorité médicale.

Le naturopathe en détention provisoire

Son fils de 25 ans a lui aussi été mis en examen ce jeudi pour exercice illégal des professions de médecin et pharmacien.

Selon le procureur, il participait notamment à l'organisation de stages, aux relations avec les curistes et à la médiatisation des méthodes de son père via des vidéos sur YouTube.

Il a été placé sous contrôle judiciaire tandis que son père est depuis ce jeudi en détention provisoire.

Une somme de 32.000 euros a été saisie au domicile d'Éric Gandon.

Les deux hommes, qui contestent l'intégralité des faits, encourent des peines allant jusqu'à 3 ans de prison et 375.000 euros d'amende.

Les "gourous de santé" pointés du doigt

Début novembre, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) avait révélé "un accroissement inédit des agissements à caractère sectaire" avec une hausse "significative" des saisines: 4020 en 2021, c'est 33,6% de plus qu'en 2020.

Dans ce rapport, la Miviludes avait aussi parlé de ces phénomènes de cures, de gourous de santé et de stages bien-être dangereux, ainsi que leurs conséquences potentiellement dramatiques.

Article original publié sur BFMTV.com