En Indonésie, les relations sexuelles et la cohabitation hors mariage sont désormais illégales

TANGERANG, INDONESIA - SEPTEMBER 8: Minister of Law and Human Rights of Indonesia Yasonna Laoly speaks during a press conference at Tangerang correctional institution (LAPAS) after a massive fire raged through a prison, killing inmates in Tangerang, Indonesia on September 8, 2021. At least 41 inmates were killed early Wednesday when a massive fire raged through a prison in Indonesia's Banten province on the outskirts of the capital Jakarta. (Photo by Anton Raharjo/Anadolu Agency via Getty Images)
Anadolu Agency / Anadolu Agency via Getty Images TANGERANG, INDONESIA - SEPTEMBER 8: Minister of Law and Human Rights of Indonesia Yasonna Laoly speaks during a press conference at Tangerang correctional institution (LAPAS) after a massive fire raged through a prison, killing inmates in Tangerang, Indonesia on September 8, 2021. At least 41 inmates were killed early Wednesday when a massive fire raged through a prison in Indonesia's Banten province on the outskirts of the capital Jakarta. (Photo by Anton Raharjo/Anadolu Agency via Getty Images)

Ces nouvelles règles pourraient avoir un impact majeur sur la communauté LGBTQ en Indonésie, où le mariage entre personnes du même sexe n’est pas autorisé.

INDONÉSIE - Le Parlement indonésien a approuvé ce mardi 6 décembre un texte criminalisant le sexe hors mariage, dénoncé par les défenseurs des droits humains comme un recul des libertés et un glissement vers le fondamentalisme dans le pays à majorité musulmane le plus peuplé du monde.

Cette réforme du code pénal, lequel date de l’époque coloniale néerlandaise, a été adoptée à la majorité des députés. Elle punit notamment les relations sexuelles extra-maritales ainsi que la cohabitation des couples non-mariés. Selon le texte consulté par l’AFP, la cohabitation illégale sera passible de six mois d’emprisonnement, et les relations sexuelles hors mariage d’un an de prison.

« Nous avons fait de notre mieux pour tenir compte des questions importantes et des différentes opinions qui ont été débattues », a déclaré devant le Parlement le ministre de la Justice, Yasonna Laoly. « Cependant, il est temps pour nous de prendre une décision historique sur l’amendement du code pénal, et de laisser derrière nous le code pénal colonial dont nous avons hérité » lors de l’indépendance du pays en 1949, a-t-il ajouté.

Protéger l’institution du mariage

Un porte-parole du comité chargé d’élaborer le projet au ministère de la Justice, Albert Aries, a affirmé que la réforme protégera l’institution du mariage.

Il a souligné que les actes sexuels prémaritaux et extra-maritaux ne pourront être signalés que par le conjoint, les parents ou les enfants, ce qui limite de facto la portée du texte.

Mais les détracteurs de la nouvelle loi l’ont dénoncée comme instituant une atteinte à la liberté des mœurs. Selon les groupes de défense des droits humains, les nouveaux amendements soulignent un glissement croissant vers le fondamentalisme dans un pays longtemps salué pour sa tolérance religieuse et où la laïcité est inscrite dans la Constitution.

Un impact majeur sur la communauté LGBTQ

Les nouvelles règles pourraient également avoir un impact majeur sur la communauté LGBTQ en Indonésie, où le mariage entre personnes du même sexe n’est pas autorisé.

« Nous reculons... les lois répressives auraient dû être abolies. Mais le projet de loi montre que les arguments des universitaires étrangers sont vrais, que notre démocratie est indiscutablement en déclin », a déclaré à l’AFP Usman Hamid, directeur d’Amnesty International Indonésie.

Une centaine de personnes qui protestaient contre le projet de loi avaient déployé lundi à Jakarta une banderole jaune sur laquelle on pouvait lire : « Rejetez l’adoption de la révision du code pénal ».

Un texte applicable dans trois ans

Certaines ont déposé des pétales de fleurs sur la banderole comme on le fait pour des funérailles. Selon Abdul Ghofar, militant du groupe environnemental indonésien WALHI, ces actes symboliques traduisaient le « chagrin » du public face à l’adoption imminente de la révision.

Une autre manifestation pour rejeter la nouvelle loi était prévue mardi devant le siège du Parlement. Le texte voté, qui doit encore être signé par le président, sera applicable dans trois ans.

Bambang Wuryanto, le chef de la commission parlementaire qui a supervisé les délibérations sur le texte, a reconnu que « c’est un produit humain et qu’il ne sera donc jamais parfait ». Mais il a invité les critiques à « déposer un recours judiciaire auprès de la cour constitutionnelle » au lieu de manifester.

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