Inde: l'épidémie flambe, New Delhi et les grandes villes confinées pour le week-end

S. V.
·3 min de lecture
Dépistage du Covid-19 sur des pèlerins au bord du Gange lors du rassemblement de Kumbh Mela à Haridwar, le 12 avril 2021 en Inde - Xavier GALIANA © 2019 AFP
Dépistage du Covid-19 sur des pèlerins au bord du Gange lors du rassemblement de Kumbh Mela à Haridwar, le 12 avril 2021 en Inde - Xavier GALIANA © 2019 AFP

Les rues de New Delhi étaient désertes samedi, des mesures de confinement ayant été prises pour le week-end dans la capitale et les grandes villes de l'Inde pour endiguer une nouvelle vague de contaminations massive au Covid-19, qui semble frapper davantage de jeunes.

L'épidémie flambe en particulier à New Delhi, la capitale de 20 millions d'habitants, où les hôpitaux manquent d'oxygène et de médicaments: la ville connaît à présent le plus fort taux de contamination du pays, a déploré le chef du gouvernement local Arvind Kejriwal.

234.000 nouveaux cas en 24 heures

La situation est "terrible et inquiétante", s'est-il alarmé. "Si la situation s'aggrave, nous prendrons les mesures nécessaires dans les prochains jours pour sauver vos vies", a-t-il déclaré, évoquant une possible extension du confinement.

Les restaurants, galeries marchandes et salles de sport ont fermé, le nombre d'invités à un mariage a été limité à 50 et celui des personnes assistant à des funérailles à 20. "Pas de panique. Tous les services essentiels seront accessibles au cours du week-end", a assuré le chef du gouvernement local.

Dans l'ensemble du pays de 1,3 milliard d'habitants, 234.000 nouveaux cas ont été recensés en 24 heures - un nouveau record - et 1341 décès enregistrés samedi, ce qui porte à 175.649 celui des décès dus au Covid-19. L'Inde était samedi le deuxième pays le plus endeuillé au monde en une journée, derrière le Brésil.

Des récits poignants ou des appels à l'aide pour un proche ayant besoin d'une prise en charge pour le Covid-19 à l'hôpital étaient publiés sur les réseaux sociaux. L'ambition de l'Inde de vacciner l'ensemble de sa population se heurte notamment à l'insuffisance des stocks. Seules 117 millions de doses ont été administrées jusqu'à présent et les réserves diminuent, selon des autorités locales.

Des fêtes religieuses et des rassemblements politiques

Cette vague sembler toucher plus de jeunes que les précédentes. Selon le chef du gouvernement local à New Delhi, 65% des nouveaux patients ont moins de 45 ans. L'explication réside peut-être dans la circulation d'un nouveau variant, qui représente 60% des échantillons prélevés dans l'Etat du Maharashtra, où se trouve Bombay, la capitale économique de l'Inde, qui avait déjà imposé un confinement les week-ends et un couvre-feu nocturne. Les experts estiment que davantage de données sont nécessaires.

L'État du Gujarat (ouest), comme celui du Karnataka (sud) et sa capitale Bangalore, ont également restreint les déplacements. L'Uttar Pradesh a imposé un confinement d'une journée dimanche à ses 240 millions d'habitants. L'État d'Uttarakhand (nord) a interdit les rassemblements de plus de 200 personnes, tout en faisant une exception pour le pèlerinage hindou de Kumbh Mela, qui draine des foules de plusieurs millions de personnes sur les rives du Gange.

Les festivités religieuses à l'occasion de ce pèlerinage ont attiré depuis janvier à Haridwar 25 millions de personnes, dont 4,6 millions cette semaine, la plupart des fidèles ignorant les gestes barrières. Plus de 1600 personnes ont été testées positives parmi les foules de pèlerins à Haridwar en seulement trois jours.

Outre les fêtes religieuses, les rassemblements politiques font redouter une propagation galopante de l'épidémie. Des élections régionales ont eu lieu dans l'Etat du Bengale Occidental, dans le nord-est de l'Inde, où les électeurs se sont pressés dans de longues files d'attente devant les bureaux de vote, ou dans les immenses rassemblements organisés par les partis politiques.

Article original publié sur BFMTV.com