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Inde : inauguration d'un temple hindou construit sur les vestiges d'une mosquée

Le nouveau temple est construit sur un site religieux important pour les musulmans comme pour les hindous.

En 1992, la mosquée Babri qui s'y trouvait avait été détruite par une foule de croyants hindous, car l'endroit serait selon eux le lieu de naissance de Ram, la divinité la plus importante de leur religion.

La destruction du lieu de culte musulman par des hindous avait fortement détérioré les relations entre les deux communautés. S'en étaient suivis de violents soulèvements qui ont provoqué la mort de quelque 2000 personnes, en majorité des musulmans.

Dans une décision controversée en date de 2019, la Cour suprême indienne avait reconnu le caractère illégal de la destruction de la mosquée, mais ordonné que le site soit accordé aux hindous.

Une frontière entre religion et politique de plus en plus floue

Narendra Modi est régulièrement critiqué pour sa volonté de transformer l'Inde en nation hindoue. L'inauguration du temple à Ayodhya était une promesse de campagne faite aux nationalistes hindous.

Les jours précédents, le premier ministre avait déjà visité onze temples consacrés à la divinité Ram, rompant à nouveau avec les principes de sécularité censés être garantis par la constitution du pays.

Près de 7500 personnalités indiennes ont été conviées à regarder en direct sur écran géant le rituel religieux auquel prenait part le premier ministre pour inaugurer le nouveau temple hindou. Une cérémonie menée par un prêtre devant une statue du dieu Ram qui a pris des tournures de campagne électorale.

Les prochaines élections législatives auront lieu en avril et mai prochains. Narendra Modi espère briguer un troisième mandat à la tête de l'Inde, dont 80% de la population est hindoue.