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Un incendie détruit le patrimoine pictural de l’Abkhazie

À la suite d’un incendie, qui s’est déclaré dans la nuit du 20 au 21 janvier, l’Abkhazie a perdu la quasi-totalité du fonds de la Galerie d’art nationale, créée en 1963 dans la capitale, Soukhoumi. Il s’agit d’une perte inestimable pour ce petit territoire de 240 000 habitants (600 000 représentants dans le monde), anciennement république autonome de Géorgie, dont l’indépendance, proclamée en 1992, n’est reconnue que par la Russie et six autres États.

SOURCE : INTERNATIONAL CRISIS GROUP
SOURCE : INTERNATIONAL CRISIS GROUP

“Mes larmes ne cessent plus de couler. C’est terrible. Selon les pompiers, le feu s’est déclaré sur le toit du bâtiment. Apparemment, il y a eu un court-circuit dans le câblage électrique. Tous les tableaux ont brûlé. C’est un dommage irréparable pour nous. Impossible d’évaluer les dommages causés ainsi à la culture abkhaze”, a déclaré le directeur de la galerie, Souram Sakania, rapporte le site abkhaze Apsny Press.

Le ministère de l’Intérieur de l’Abkhazie évoquait, le 21 janvier, une possible “origine criminelle du feu”, relate le journal russe Kommersant. Plus de 4 000 tableaux ont brûlé dans les flammes ; seuls 150 ont résisté au brasier, mais devront être restaurés.

“Perte irrémédiable”

Parmi les œuvres disparues, on dénombre 300 tableaux d’Alexandre Tchatchba-Chervachidzé, premier peintre et scénographe professionnel abkhaze, petits-fils du dernier souverain d’Abkhazie, George II, français par sa mère (la pianiste Nathalie d’Enloy de la Garde), mort à Monaco en 1968.

“C’est une perte irréparable pour la culture nationale de l’Abkhazie. Je suis étouffée par les larmes”, a confié la ministre de la Culture par intérim Dinara Smyr à Apsny Press. “C’est la réserve d’or des peintres abkhazes qui est partie en fumée”, renchérit le journal russe Gazeta.ru.

Le fonds de la Galerie d’art nationale d’Abkhazie était “dans un état déplorable”, a dénoncé l’écrivaine Elia Djikirba au site russe Eurasia Daily. “Depuis trente ans”, aucun président abkhaze ni le Parlement “n’ont fait quoi que ce soit pour remédier à cette situation. Je le répète. Rien ! Cette année, par exemple, quel est le montant alloué à la culture en Abkhazie dans le budget ? Trente millions de roubles”, s’indigne la femme de lettres abkhaze, “alors que 600 millions ont été alloués à l’entretien des appareils de la présidence et du Parlement.”

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