Immersion dans les fermes du Malawi

Photo Sophie Squillace

On préfère chercher des petites pistes où rouler à moto que barboter dans les eaux du lac Malawi. Après les pays aux immenses espaces sauvages et aux larges pistes rectilignes, on retrouve une topographie qui nous plaît d’avantage, idéale pour se perdre à moto, grimper au sommet des crêtes, slalomer entre les cailloux, à flanc de falaise, au milieu des arbres : un bonheur !

On progresse vers le plateau de Nyika et ses prairies verdoyantes. Tout devient de plus en plus beau, les splendides paysages changent à chaque virage. Et les températures chutent. On ne fera pas d’incursion dans le parc national éponyme, mais on aura la chance de voir quantité de babouins sur la route et des oiseaux partout.

Nous passons la nuit à la Mushroom Farm, un endroit bien connu des backpackers. On a clairement 15-20 ans de plus que tous les autres occupants de ce camping à la ferme où tout est beau, bio et bon. Même le gin. Les cocktails sont la petite touche british de cet établissement unique, soutenu par une association britannique.

Tôt le matin, on prend encore un peu de hauteur en roulant jusqu’à Livingstonia. Perché à 1 300 mètres d’altitude, ce petit bourg paisible conserve quelques traces du passage des Écossais qui ont installé leur mission ici à la fin du XIXe siècle. Nous sommes au plus haut point de la région, qui offre une vue grandiose sur le lac.

“Personne ne sait que nous existons !”

Au milieu des derniers bâtiments en briques, on fait une pause sur la place du village, près de l’église. On rencontre Wester, un homme d’une soixantaine d’années très loquace. Il amorce la discussion sans détour. “Vous direz chez vous que des gens vivent ici. Que nous faisons, nous aussi, partis de l’humanité, même si personne ne sait que nous existons ! ” Il nous raconte l’histoire de Livingstonia et son climat, plus agréable que dans la plaine. “Pas de moustique ici, donc pas de malaria. Voilà pourquoi c’était un refuge pour les missionnaires.” Puis la discussion s’égare sur l’Ancien Testament, Adam et Eve, avant que nous repartions sur nos motos, tels deux mécréants sans descendance et non unis par les liens du mariage…

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