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Les images satellites révèlent une année 2022 catastrophique pour les manchots empereurs

Voilà plusieurs années que les scientifiques s’inquiètent de la menace que fait peser le réchauffement planétaire sur les manchots empereurs, cette espèce d’oiseaux emblématique de l’Antarctique, classée “vulnérable” sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Une nouvelle étude, parue le 24 août dans Communications Earth & Environment n’apporte pas de meilleures nouvelles.

Elle révèle que quatre des cinq colonies étudiées dans la mer de Bellingshausen, à l’ouest de la péninsule Antarctique, n’ont vu aucun bébé manchot survivre l’année dernière, la région ayant connu une énorme perte de glace marine.

En temps normal, précise Science, “les manchots empereurs s’installent dans les colonies où ils se reproduisent en mars et avril. Les oisillons naissent d’août à septembre et ne développent pas leur plumage d’adulte avant décembre et janvier. Si la glace fond prématurément, les jeunes risquent de se noyer ou de mourir de froid. Une fonte des glaces en octobre, serait ainsi catastrophique”.

C’est ce qui s’est produit en 2022. Les images satellites ont révélé que lorsque la glace de mer s’est dissipée, les manchots ont été contraints d’abandonner l’une des colonies dès la fin octobre. Les animaux des trois autres colonies ont fui début décembre. Une seule colonie, sur l’île Rothschild, dans l’extrême nord, est restée intacte et a pu élever des poussins avec succès.

Au site Space, le premier auteur de l’étude, Peter Fretwell, chercheur en télédétection au British Antarctic Survey, qui observe ces animaux depuis une quinzaine d’années, détaille :

“Dans cette zone [en mer de Bellingshausen], il y a environ entre 5 000 et 10 000 couples en âge de se reproduire. Il devrait y avoir le même nombre d’oisillons. Il n’y a qu’un endroit où ils ont survécu mais il n’y avait que 200 bébés manchots.”

“Cet échec considérable de la reproduction des manchots empereurs est le premier incident inventorié à être incontestablement lié aux contractions de grande ampleur de la banquise”, écrivent les auteurs.

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