Ignorant que sa peine de prison est terminée, il reste enfermé cinq ans de plus que prévu

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Un invraisemblable oubli judiciaire aux Samoa
Un invraisemblable oubli judiciaire aux Samoa

Condamné en 2008 pour des cambriolages, un Samoan aujourd’hui âgé de 45 ans a été victime d’un invraisemblable imbroglio judiciaire, qui lui a valu de rester en prison beaucoup plus longtemps qu’il n’aurait dû.

Un oubli qui aura tout de même duré cinq ans. Condamné à deux peines de prison ferme en 2008 pour cambriolage, l’une de sept ans et l’autre de cinq, Sio Agafili aurait dû, selon la loi en vigueur aux Samoa, purger uniquement la plus longue des deux, et donc être libéré en 2015.

“Personne ne m’a dit que ma peine était terminée”

Ce n’est cependant que très récemment que cet homme âgé de 45 ans a été libéré. “Personne ne m'a dit que ma peine de prison était terminée, justifie l’intéressé dans des propos relayés par Cnews. J'ai perdu le compte de jours. Je ne me rappelais plus quand je devais sortir, je savais juste que je devais faire mon temps.”

C’est finalement presque par accident que son salut est arrivé. Alors qu’il était présenté à la justice pour une agression supposée lors d’une mutinerie, le juge a constaté une incohérence dans son dossier et mandaté l’avocate Muriel Lui pour faire valoir les droits du quadragénaire.

“Ce n’est pas le premier cas de ce type”

“Il ne s'était rendu compte de rien, raconte la magistrate, citée par RNZ. Il n'a pas réalisé que les deux peines étaient censées être simultanées.” Selon Muriel Lui, cette erreur judiciaire manifeste est loin d’être un cas isolé : “Il a été emprisonné illégalement et j'ai entendu parler d'autres cas de même nature. Ce n'est pas le premier de ce type.”

Alors que son client a finalement pu retrouver la liberté, cinq ans trop tard, l’avocate entend ne pas s’arrêter là et espère obtenir un dédommagement. “Son droit à la liberté - en vertu de l'article 6 de notre constitution - a clairement été violé, explique Me Lui. Nous allons donc sans aucun doute faire une réclamation à ce sujet.”