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Huit mois après sa grave blessure, Ntamack a rejoué avec Toulouse et retrouvé ses sensations... en pensant aux Bleus

Romain Ntamack, alors cette reprise?

Ça fait du bien. Il me tardait de reprendre, de refouler la pelouse, de rejouer avec les copains.

On vous a senti particulièrement prêt d'entrée. Vous saviez que vous seriez comme ça dès ce premier match?

Pas spécialement. Rien qu'à l'échauffement, j'avais un peu le souffle court. J'ai essayé de gérer au mieux les premiers ballons que j'ai eus, même si je pense que je peux mieux les jouer. Mais j'ai retrouvé un peu les sensations que j'avais avant de me blesser. Je suis content, j'ai pu prendre des duels et des contacts. Ce sont des bonnes sensations qui reviennent et l'appréhension part rapidement.

Vous rentrez dans un contexte où tout restait à faire dans le match...

Il n'y avait pas trop de questions à se poser. C'est vrai que j'aurai préféré un contexte un peu plus favorable mais les Palois nous ont vraiment mis à mal et ils sont à deux doigts de gagner le match. Au moins ça me met très vite dans le grand bain, je n'ai pas trop le temps de tergiverser. Je dois très vite me réhabituer à gérer des matchs compliqués, serrés, où il faut cravacher jusqu'à la fin.

Comment avez-vous vécu l'entrée au stade, avec tout ce bruit?

J'avais vraiment hâte de retrouver ces sensations, l'atmosphère du bus, la descente, les supporteurs. C'était vraiment un moment spécial, j'avais un peu la boule au ventre en descendant du bus donc il me tardait d'être sur le terrain pour évacuer un peu toutes des sensations mais ça fait du bien d'avoir un accueil si chaleureux. J'ai essayé de profiter un peu de tout ça même si je restais assez concentré sur le match. J'essayais quand même de profiter des acclamations, du bruit autour parce que ce sont des moments que j'attendais. J'ai aussi travaillé pour ça. Il me tardait de retrouver le public parce que ça faisait un moment que je n'avais pas joué à Ernest-Wallon.

Comment avez-vous vécu cette semaine?

J'ai essayé de vivre une semaine assez calme, de ne pas me faire trop de plans sur la comète, de ne pas penser au match, ni à l'arrivée du bus, ni au fait que j'allais rentrer. J'essayais vraiment de rester concentré sans que les émotions prennent le dessus. Je voulais quand même faire un bon match, une bonne entrée, m'appliquer et vite évacuer l'appréhension de la blessure pour ne pas y penser. J'ai essayé de profiter de tout en restant concentré sur le match.

Avez-vous déjà en tête le week-end prochain avec le premier match éliminatoire de la saison (contre le Racing en Champions Cup)? Votre retour a-t-il été programmé à cette fin?

On ne s'était jamais fixé de date avec le chirurgien ou le staff médical, on s'était mis une fourchette entre fin mars-début avril. Cela tombait sur les phases finales de Coupe d'Europe. Moi mon objectif, c'était vraiment de reprendre un peu de temps de jeu contre Pau et si je dois postuler pour le huitième, je suis disponible. Mais mon intention n'était pas de revenir contre Pau pour démarrer la semaine prochaine. Le staff fera, je suis sûr, les bons choix. On a tellement un gros effectif et de bons joueurs à tous les postes que je vais essayer d'apporter un plus dedans mais beaucoup ont fait de très bons matchs, surtout en Coupe d'Europe. Si je rentre tant mieux, sinon j'accompagnerai les copains.

Ces mois sont passés vite?

La Coupe du monde a été assez longue à vivre. Après je trouve avoir vécu une rééducation assez simple, je n'ai pas eu de complications, le genou a toujours très bien réagi, on a toujours pu bien travaillé, j'ai bien récupéré. J'ai vraiment pris beaucoup de plaisir dans ma rééducation, ça m'a permis de faire autre chose, de penser à autre chose, de m'occuper d'autre chose que du rugby. J'avais mes week-ends libres, ça m'a permis de me reposer, de voir les amis et la famille, de bouger à droite à gauche. J'ai aussi pris beaucoup de plaisir à travailler avec les gens qui m'ont accompagné, le staff médical ou autre.

Quelles sont vos ambitions pour la fin de saison?

J'ai toujours beaucoup d'ambitions. Après, je sais que je reviens d'une longue blessure, des joueurs ont fait le travail jusque-là. Je ne reviens pas tout de suite en voulant récupérer le maillot de titulaire. Si je dois accompagner les copains et être en suppléant, je le serai. J'ai encore beaucoup de choses à retrouver, à travailler. J'ai forcément beaucoup d'ambitions mais je sais que le club passera en priorité.

Quelles étaient les consignes au moment de votre entrée?

Déjà de gagner le match! J'ai essayé de passer deux ou trois consignes de ce qu'on voyait de l'extérieur et je trouve qu'ils l'ont plutôt bien fait. On a réussi à garder le ballon à la fin, ne pas trop se précipiter en écartant trop vite les ballons. Ils avaient vraiment une bonne défense, ils nous attendaient sur les extérieurs. On a réussi à bien les resserrer à la fin. Il y avait des coups à faire sur les extérieurs, c'est ce qu'on arrive à faire sur le dernier essai. Je suis vraiment content du match et du banc qui est rentré, ils ont vraiment fait un gros match.

Il paraît qu'on vous a chambré dans le vestiaire en décembre...

Je suis revenu un peu lourd en décembre parce que je n'avais pas repris la course, j'avais fait pas mal de musculation. J'ai vite pris. Après une fois que j'ai repris la course, j'ai perdu les kilos que j'avais en trop mais c'est vrai que je m'étais un peu épaissi donc quand ils m'ont vu arriver en décembre, ils étaient un peu étonnés (sourire).

Avez-vous l'impression d'être différent par rapport à il y a sept-huit mois?

Je ne sais pas encore, il va falloir quelques matchs pour me rendre compte, voir si la blessure m'a appris pas mal de choses sur moi-même et le fait d'être un autre joueur ou pas. Mais je vais essayé de bonifier tout ce que j'ai fait pendant ma rééducation pour être un joueur encore meilleur. C'est encore un peu tôt pour le savoir mais je vais essayer de découvrir des choses apprises pendant ma rééducation.

Le prochain rassemblement des Bleus, vous y pensez?

Forcément une fois que j'ai remis les pieds sur le terrain, c'est toujours dans un coin de ma tête. Après il y a des joueurs. Je reviens d'une longue blessure pas anodine donc il faut aussi que je retrouve le rythme et le niveau qui était le mien avant pour espérer repostuler en Bleu. Mais l'objectif est forcément de travailler tous les jours pour être appelé. Cela reste forcément dans un coin de ma tête.

Article original publié sur RMC Sport