Hugo Clément mis en examen après un reportage sur la chasse en enclos

French journalist Hugo Clement poses ahead of a press conference of France Television, on June 18, 2019 in Paris. (Photo by GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP French journalist Hugo Clement poses ahead of a press conference of France Television, on June 18, 2019 in Paris. (Photo by GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

MÉDIAS - Il dénonce une « procédure bâillon ». Le journaliste Hugo Clément a annoncé sur Twitter avoir été mis en examen, vendredi 13 janvier, pour « diffamation » et « injure publique » à la suite de la diffusion d’un des épisodes de son émission « Sur le Front » consacré à la chasse en enclos. L’ouverture de cette information judiciaire fait suite à une plainte de Benjamin Tranchant, un riche propriétaire de casinos également connu pour les parties de chasse qu’il organise sur ses domaines grillagés.

« Je viens d’être mis en examen par un juge d’instruction pour avoir… fait une émission sur la chasse en enclos », a annoncé le reporter spécialiste de l’environnement. Une « procédure bâillon » selon lui, prise par celui qu’il qualifie de « richissime héritier » et de « propriétaire d’un enclos de chasse » qui cherche à « faire pression sur un journaliste ».

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L’épisode de « Sur le Front » en question, diffusé le 23 mai 2021 sur France 5, était intitulé « Le monde opaque des enclos de chasse ». Dans ce reportage, Benjamin Tranchant avait ouvert les portes de l’un de ses enclos, en Sologne, au journaliste et à son équipe. Il était possible d’y voir des animaux chassés au sein d’un domaine totalement fermé et conçu pour que les amateurs puissent traquer du gros gibier avec la garantie quasi-totale d’obtenir une proie.

« La procédure n’a aucune chance d’aboutir »

L’homme d’affaires, qui a par ailleurs été condamné pour des pratiques de chasse illégales en mai 2021, comme le rapporte France Bleu, n’a toutefois pas apprécié le documentaire, à en croire Hugo Clément. « Ne trouvant finalement pas l’émission à son goût, car très critique vis-à-vis de son loisir qui consiste à tirer sur des animaux enfermés, il décide de porter plainte pour diffamation, après nous avoir mis en demeure de supprimer les parties le concernant (nous avons refusé) », dénonce ainsi le journaliste, qui a diffusé le passage en question.

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Dans la liste des propos rejetés par Benjamin Tranchant figurent le titre du sujet ainsi que les commentaires du journaliste sur la pratique de la chasse à l’enclos. « Dans ce type d’endroit, des chasseurs viennent tirer sur des cerfs ou des sangliers alors qu’ils sont emprisonnés derrière des clôtures et qu’ils n’ont aucune chance de s’échapper », affirmait par exemple Hugo Clément durant son émission.

« Il ne s’agit que de phrases purement factuelles, s’appuyant sur des images tournées dans la propriété de Benjamin Tranchant, avec son accord », oppose le journaliste . Des circonstances qui rendent selon lui la possibilité d’une diffamation « risible » : « La procédure n’a aucune chance d’aboutir », estime même Hugo Clément.

L’avis de mise en examen partagé par l’ancien journaliste de Quotidien sur Twitter indique également que lui est reprochée la publication de commentaires insultants par des internautes qu’il ne « connaît pas » sous l’une de ses publications Facebook relayant la vidéo. « Du vent », affirme-t-il.

Comme le précise Hugo Clément à cet effet, la mise en examen d’une personne ne signifie pas nécessairement qu’un procureur de la République a jugé les faits particulièrement graves. En effet quand une plainte est déposée pour diffamation avec constitution de partie civile, ce qui est le cas de celle déposée par Benjamin Tranchant, la mise en examen est automatique dès lors que l’auteur des propos concernés est identifié et qu’il est avéré qu’ils ont bien été prononcés.

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