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“Horreur !”, baskets et survêts font leur apparition au chic festival de Cheltenham

“C’est une très mauvaise idée parce qu’elle encourage la médiocrité.” Aux abords de l’hippodrome de Cheltenham, Jonny Beardsall peste contre les organisateurs du meeting hippique de la ville, qui se déroule du 14 au 17 mars, l’un des plus prestigieux du Royaume-Uni. Et contre les spectateurs, “qui risquent d’avoir l’air bien ordinaire”, soupire-t-il auprès du quotidien The Times.

L’objet du courroux de ce chapelier : l’assouplissement du code vestimentaire décidé par le Jockey Club, principal promoteur de courses de chevaux outre-Manche. Dans les travées de l’hippodrome, les fourrures d’hermine, les costumes en tweed et les hauts-de-forme se mêlent pour la première fois cette année aux jeans, aux baskets et aux vestes en cuir. “Abomination ultime, certains portent même des survêtements”, s’amuse le média local Gloucestershire Live. “C’est pas bon pour mes affaires”, grince Jonny Beardsall.

Démocratiser l’accès au festival

Derrière cette décision controversée, indique la presse britannique, se niche une volonté de démocratiser l’accès au festival, particulièrement couru par la haute société britannique – la reine consort Camilla s’y est rendue mercredi 14 mars. “Les gens n’y vont pas parce que l’entrée coûte 100 livres sterling et que le prix des boissons et de la nourriture sur place est très élevé”, balaie une festivalière interrogée par The Times. “Il n’est pas nécessaire d’être riche pour bien s’habiller, soutient une autre spectatrice, dans les colonnes de The Guardian. J’ai acheté ma tenue 30 livres dans un vide-grenier.”

Mais paradoxalement, souligne le journal londonien, les tenants d’une classe toute British, regrettent la disparition d’un dress code… inexistant. Fréquenté par quelque 280 000 personnes chaque année, le festival de Cheltenham, une station thermale de l’ouest de l’Angleterre, n’a en réalité jamais imposé de tenue stricte à ses visiteurs – seuls les déguisements et les maillots de foot sont explicitement interdits.

“Dans ce rendez-vous unique de saut d’obstacles où les membres de la famille royale côtoient les fermiers, les employés de la City et les Irlandais amateurs de courses [le festival coïncide avec la Saint-Patrick, le 17 mars], la règle a toujours été de porter des vêtements adaptés à la météo”, contextualise The Guardian. Au Royaume-Uni, pays aux mille conventions informelles, où s’enquérir des règles passerait presque pour une insulte, “on a toujours compris que ça signifiait ‘s’habiller de façon élégante’”.

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