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“Homo sapiens” serait arrivé en Chine bien plus tôt qu’on ne le pensait

“Il y a 45 000 ans, des hommes modernes vivaient en Chine.” Cette découverte, dont l’annonce a été publiée le 18 janvier dans Nature ecology & evolution et relayée par New Scientist, signifie que notre espèce a peuplé cette région du monde 5 000 ans plus tôt que ce que l’on pensait jusqu’à présent.

Pour parvenir à ces conclusions, une équipe internationale a réexaminé le site archéologique de Shiyu, dans le nord du pays, initialement excavé en 1963. Un crâne et des os trouvés sur place avaient déjà été attribués à Homo sapiens.

Les chercheurs ont utilisé des outils de luminescence optiquement stimulée et de radiocarbone afin de dater 15 échantillons de sédiments, des outils en pierre et en bois, ainsi que des os et des dents d’une dizaine d’animaux. La couche dans laquelle apparaissent les restes d’homininés aurait 44 600 ans. D’après Francesco d’Errico, directeur de recherche au CNRS, en France, qui a piloté ces travaux, ce serait le plus ancien site témoignant de l’arrivée d’Homo sapiens en Chine.

Interactions probables

Interrogée par l’hebdomadaire britannique, Arina Khatsenovich, de l’Institut d’archéologie et d’ethnographie de Novossibirsk, en Russie, qui n’a pas participé aux fouilles ni aux analyses, imagine que lorsque les humains modernes sont arrivés en Asie à partir de l’Afrique, ils se sont implantés en empruntant de multiples routes.

Elle souligne qu’il existe des signes d’une présence humaine dans cette région, notamment dans la grotte d’Obi-Rakhmat, en Ouzbékistan, datant d’il y a 48 800 ans. “Notre espèce a sans doute atteint Shiyu, et la Chine, par cet itinéraire qui passe par le nord”, suggère-t-elle.

L’étude met également en évidence l’existence de réseaux d’interactions sur de longues distances. L’équipe a en particulier identifié quatre morceaux d’obsidienne, une roche volcanique vitreuse, dont elle a pu localiser la provenance : des sites situés à 800 et 1 000 kilomètres au nord-est de Shiyu. “Selon Francesco D’Errico, il est peu probable que ces habitants aient parcouru tout ce trajet sans rencontrer personne, et donc ils se sont forcément mélangés à d’autres groupes”, relaie New Scientist.

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