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Hommage à Jean Moulin : Macron visite la prison de Montluc ce 8-Mai, une première pour un président

POLITIQUE - Après la remontée des Champs-Élysées quasi-vides, Emmanuel Macron s’est rendu au mémorial de la prison de Montluc à Lyon (Rhône) ce lundi 8 mai. Une innovation - il est le premier président à s’y rendre - afin de rendre hommage à Jean Moulin en cette journée de commémorations du 8 mai 1945.

Le chef de l’État était attendu par plusieurs milliers de manifestants protestant contre la réforme des retraites, tenus à bonne distance par les forces de l’ordre, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article. La préfecture du Rhône a interdit les rassemblements et la circulation sur environ un kilomètre carré autour de la prison de Montluc, où a eu lieu la cérémonie.

Emmanuel Macron a déposé une gerbe devant la plaque commémorative à l’entrée de l’ancienne prison militaire. Il l’a ensuite visitée en compagnie de Claude Bloch, 94 ans, passé à 15 ans par la prison avant d’être déporté à Auschwitz. « Le plus terrible c’était le matin quand il y avait ces appels de prisonniers et que l’appel se terminait par la formule “avec bagages” ou “sans bagages” » , a relaté Claude Bloch. « Quand c’était “sans bagages, on savait que cela voulait dire qu’on allait quitter la prison et être fusillé dans la journée [sinon] c’était pour être transféré ailleurs » a-t-il témoigné.

« Le fragile et éternel esprit de résistance »

Le président a ensuite prononcé un discours pour rendre hommage à Jean Moulin et à la Résistance. Le chef de l’État a associé le nom de l’ancien préfet et chef de la résistance mort en 1943 sous la torture à l’historien Marc Bloch, aussi torturé puis fusillé en 1944 : « Moulin et Bloch nous disent que la République française n’est par définition ni bonne ni mauvaise, elle est nécessaire, vitale, juste ».

Jean Moulin « avait la certitude intime, indéracinable, que la France en laquelle il croyait serait victorieuse, que d’autres si ce n’est lui en cueilleraient les fruits », a ajouté Emmanuel Macron. Quant aux nazis, « ils ont buté sur quelque chose de silencieux qui couvait dans les poitrines (...), le fragile et éternel esprit de résistance » qui « caractérise profondément notre peuple », a souligné Emmanuel Macron.

« Mais il ne suffit pas pour que justice soit faite, qu’une porte se verrouille, que le dernier bourreau passe derrière les barreaux », a-t-il ajouté, avant de rendre hommage aux passeurs de mémoire. Pour continuer cette transmission, « ayons confiance en nous et en ceux qui nous suivront », a-t-il conclu.

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